Un miroir en bois et stuc doré à parecloses avec son miroir au mercure.
Miroitiers vénitien, miroir au mercure dans son cadre de verre, fin du XVIIème - début XVIIIème. Siècle. © Archivio Fotografico-FMCV, 2013.
Miroir à caryatide réalisé en bronze, 490 - 480 avant J.-C, Provenance : Thèbes (?),Style d'Egine. © photo Musée du Louvre, Paris.
Danckerts, La ville de Venise (détail de l'île de Murano), vers 1600, gravure.
Table de coulage à Saint-Gobain, vers 1730. © photo Maurice HAMON.
Coulée d’une glace à Saint-Gobain en présence de Pierre Delaunay-Deslandes, directeur de la manufacture de 1758 à 1789. Huile sur toile.
Miroirs de la Galerie des Glaces (détail des miroirs biseautés), Château de Versailles. © photo Maurice HAMON.de la Galerie des glaces. © photography Maurice HAMON.
Miroirs de la Galerie des Glaces (détail de l’étamage), Château de Versailles. © photo Maurice HAMON.
Dos d'un miroir au mercure.

Avant les miroirs au mercure

Aussi bien chez les chinois (depuis le néolithique), les égyptiens (2900 avant notre ère), les grecs que les romains, on trouve cette volonté de contempler son reflet à l'aide d'un outil. Les historiens et archéologues ont trouvés la trace de miroirs, principalement sous forme de face-à-main, réalisés en métal poli, le plus souvent du bronze ou de l'argent. De petite dimensions, ils ne permettaient pas de se contempler en entier. Rares, ils étaient l'apanage des personnages de haut rang.

Il faut attendre le XIIIème siècle pour voir apparaître une nouvelle forme de production de miroirs. La première technique consistait à déposer une fine plaque d’argent ou de plomb poli sur du verre. Par la suite le procédé fut amélioré et on découvrit la méthode du miroir étamé, qui utilise à la place de l'argent et du plomb une couche d'étain sur la plaque de verre.

 

La découverte de la technique du miroir au mercure

Bien que les premières techniques soient apparues dans les pays du Nord, c'est sans conteste Venise qui domina pendant de nombreuses années dans le domaine. La forte activité maritime de Venise et son commerce du sel, en fait l'une des villes les plus riches d'Europe. C'est le terreau fertile pour de grandes inventions liées au marché du luxe. Ainsi, c'est là qu'on invente le procédé du miroir au mercure au XVème siècle. C'est ce procédé d’argenture des glaces qui sera utilisé pendant 400 ans.
La technique consiste à aplatir à l'aide d'une pierre, des morceaux de verres provenant de cylindres de verre soufflé. Une fois bien aplanies, on dépose sur ces plaques de verre plusieurs couches d’étain, qui sont par la suite poncées afin d'obtenir une surface lisse. Enfin, on recouvre d'une couche de mercure, là encore lissée et aplatie à l'aide d'une pierre et de tampons de laine.

Les miroitiers de Venise sont tenus au secret et enfermés afin de ne pas laisser échapper la précieuse méthode de production, jalousée de l'Europe entière. Prétextant des risques d’incendie, la ville finie par les parquer sur l’île de Murano, d'où la grande réputation des verreries de Murano jusqu'à aujourd'hui. Quiconque rentrerait, sortirait ou vendrait le secret serait exécuté.

 

La fortune des miroirs au mercure

Malgré tous les efforts de Venise, la technique fut victime d'un intense espionnage industriel et rapidement quelques miroitiers exportèrent leur savoir-faire. Colbert envoya lui-même des espions dès 1660 et en 1672, la France de Louis XIV est en mesure d’assurer elle-même la production de miroirs de bonne qualité et interdit alors l’importation vénitienne. La politique de Colbert & du Roi Soleil met l'accent sur la production française, multipliant les manufactures afin de favoriser le commerce intérieur.

L'un des exemples les plus célèbres de cette production française est bien entendue la Galerie des Glaces du Château de Versailles et ses 357 miroirs au mercure. C'est à la manufacture de Saint-Gobain, fondée en 1665, qu'on doit cette prouesse. Ils utilisent la technique du coulage des glaces à plat à partir de 1684, qui facilite grandement l'opération. Puis, dans les années 1690, c'est la technique du feuilletage dite du verre laminé, qui fait son apparition. Elle permet des réalisations plus résistantes et plus grandes.
Aujourd'hui 80 % de ces miroirs sont encore d’origine, on les reconnaît au fait qu’ils ne sont pas biseautés. Ils attestent que la nouvelle manufacture française est capable de ravir à Venise le monopole des miroirs, alors objets de grand luxe. Ces miroirs connaissent une grande mode de décoration des intérieurs sous Louis XIV.

 

La disparition des miroirs au mercure

Il existait plusieurs inconvénients à cette production : les miroirs étaient très chers et de dimensions réduites ; mais surtout, elle causait la mort de nombreux miroitiers. En effet, le mercure étant un élément chimique à forte toxicité et dangerosité, les accidents mortels étaient fréquents et, soumis à ces vapeurs lors de la fabrication, la durée de vie moyenne d’un artisan miroitier dépassait rarement 10 ans d'activité.

Aussi dès la découverte d'une nouvelle technique, on interdit cette pratique. C'est en 1835 que Justus von Liebig (1803-1873) (autrichien) inventa le miroir à l’aluminium, un nouveau procédé non toxique qui consistait à pulvériser une fine couche d’argent ou d’aluminium sur une plaque de verre doublée d'étain afin d'accentuer le phénomène réflexif.

 

Comment reconnaître un miroir au mercure ?

Les miroirs au mercure sont réalisés grâce à des plaques plus épaisses que les miroirs modernes. Ainsi, il faut chercher à connaître la profondeur de la couche de verre pour savoir s'il est ou non au mercure.
Astuce : placer une tige (stylo ou cure-dent) sur le miroir. Si la pointe en contact avec le miroir donne l’impression de « toucher » directement son reflet, alors la couche de verre est assez mince et le miroir est certainement moderne. Au contraire, si la pointe est séparée de son reflet, alors il est fort probable que votre miroir soit au mercure (et donc antérieur à 1835).

Il existe deux autres techniques visuelles, plus difficiles à évaluer, mais que les habitués sauront identifier au premier coup d’œil. Comme nous l'avons vu, dans les miroirs au mercure, il faut utiliser de l'étain. De la rencontre des deux matériaux résulte une sorte d'explosion et les particules d'étain se projettent à la surface du miroir et scintillent.
Astuce :
- il vous faudra éclairer directement votre miroir ; s'il scintille c'est certainement un miroir au mercure. Le reflet d'un miroir argenté postérieur est mat.
- le dos est de couleur argentée (bleutée) et d'aspect légèrement granuleux.

 

Voir notre sélection de miroirs au mercure ici


Bibliographie

Graham Child, Les miroirs, 1650-1900, Ed. Flammarion, 1991.

B. Schweig, “Mirrors”, Antiquity, 1941, P. 257-268, Vol. 15.

Jurgis Baltrušaitis, Le miroir, essai sur une légende scientifique, révélations, science fiction, Ed. Le Seuil, 1978.

Sabine Melchior-Bonnet, Histoire du miroir, Ed. Imago, 1994.

Morisot J.M., « Miroiterie », Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment. Vocabulaire des arts et métiers en ce qui concerne les constructions, Ed. Carilian,‎ 1814.

Maurice Hamon (Auteur) & Gérard Paul-Cavallier (Dessinateur), Carnet de voyage à Saint-Gobain, Ed. Somogy, 2001.

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