Cheminée de la salle des Chevaliers, Mont Saint-Michel, XVe siècle.
Cheminée de l’hôtel Jacques Coeur, Bourges, vers 1451.
Cheminée d’apparat de François Ier, milieu du XVIe siècle. Salle du Conseil, Château de Blois.
Cheminée de style Louis XIII par Crispin de Passe, 1642. Illustration de J. Justin Storck, Le Dictionnaire Pratique de Menuiserie, Ebénisterie, Charpente, 1900.
Salon d’Hercule, Château de Versailles, 1729-1736.
Trumeau sculpté et trumeau encadrant un tableau de style Louis XIV, dans le Livre de cheminée de Jean Marot, 1660
Boiseries et trumeau de style Régence, illustration de J. Justin Storck, Le Dictionnaire Pratique de Menuiserie, Ebénisterie, Charpente, 1900.
Chambre de la Princesse de Rohan, Hôtel de Soubise à Paris, dessinée par Germain Boffrand, 1732.
Château de Morsan, trumeau Louis XV à miroir et scène de genre, 1765.
Juste-Aurèle Meissonnier, dessin de cheminée et de trumeau en miroir, 1734, musée du Louvre.
Charles de La Fosse, projet de trumeau, 1780, musée du Louvre inv. 3726DR .
Salle de bain de la Reine au Petit Trianon. Palais de Versailles.
Hôtel de la marquise de Païva. Décor dessiné par Pierre Manguin, 1856-1865.
Émile Gallé, Trumeau à miroir, musée d’Orsay, inv. OAO1468
L’appartement de Coco Chanel à Paris, dessiné par la Maison Jansen, années 1930.

 

Ornant le dessus de la cheminée, le trumeau peut être en pierre ou en bois sculptés, servir d’encadrement à un miroir, à une peinture, ou combiner ces éléments ensemble. Désignant au sens large tout espace massif entre portes ou fenêtres, le mot à été à la bouche de tous les ornemanistes pour décorer les cheminées dès le XVIIIe siècle. Le trumeau tient la place qu’occupait la hotte et le manteau monumental auparavant. N’ayant jamais été négligé, il reflète chaque époque et se transforme au gré des styles.

Au Moyen-Âge, les cheminées, apparues au XIe siècle, sont surmontées d’un imposant manteau pouvant s’élever jusqu’au plafond, et sous lequel on peut se tenir debout, comme dans la salle des Chevaliers du Mont Saint-Michel. L’hôtel Jacques Cœur renferme, lui, une splendide cheminée dont le manteau de style gothique est en pierre sculptée. Le dessus de la cheminée se prête donc à un décor sculpté ou peint sur la pierre ou le bois. Lorsqu’apparaît la cheminée à réduit aux XVe-XVIe siècles, limitant les appels d’air, les conduits peuvent être pratiqués dans les murs ou à l’extérieur ; alors, le manteau est réduit et assume pleinement une fonction décorative. Les magnifiques cheminées de style Renaissance des châteaux de Blois et d’Ecouen illustrent l’utilisation du manteau de cheminée comme espace d’apparat. François Ier y appose sa salamandre, rehaussée d’or, qui devait offrir un spectacle hypnotisant à la lumière du feu de cheminée.

Au XVIIe siècle, sous le développement de la peinture de chevalet, le manteau de cheminée et le trumeau deviennent deux espaces distincts : le manteau reste l’espace qui encadre la cheminée, terminé par une tablette plate, et le trumeau devient ainsi l’espace au dessus. En pierre ou en bois, le trumeau reste solidaire du reste. En bois sculpté de reliefs imposants, la cheminée de style Louis XIII encadre ainsi le tableau d’un vocabulaire architectural opulent.
Avec le style Louis XIV, le trumeau est mis au service de la solennité du Grand Style. Au Château de Versailles, la peinture et ses espaces illusionnistes devient l’élément central du trumeau, qu’encadrent des ornements sculptés comme dans le célèbre Salon d’Hercule. Jean Marot publie en 1660 un Livre de la cheminée, pourvu d’illustrations où il déploie des variations sur le trumeau, véritable enjeu de décoration. Accueillant tableaux ou sculptures, la symétrie et la géométrie sont privilégiées.

Au début du XVIIIe siècle, sous la Régence, l’aristocratie fait concevoir de fins trumeaux accueillant de larges miroirs, démultipliant l’espace et créant un univers féerique où se reflètent les chandeliers. Le chambranle est abaissé pour pouvoir se mirer. Les décors style Régence de Boffrand pour l’hôtel de Soubise s’illustrent ainsi comme un modèle du genre, avec une démultiplication de miroirs ornés de guirlandes.
Sous le style Louis XV, les rinceaux et rocailles prennent le dessus, l’asymétrie et les contre-courbes sont privilégiées par les ornemanistes comme Meissonnier. Le trumeau devient petit à petit un élément indépendant de la cheminée, pouvant être changé, mais à la différence du miroir il n’est pas encadré sur le côté bas. La tablette peut donc aussi recevoir des tableaux à regarder de près, notamment des scènes genre et de petites allégories qui contribuent à l’atmosphère intimiste et chaleureuse du foyer. C’est l’époque à laquelle le terme de « trumeau » à l’endroit des cheminées passe dans le vocabulaire courant, effet d’une mode frénétique et d’une forte demande. Les garnitures de cheminées vont s’étoffer en même temps : on place des chenets, des grilles, des écrans, et aussi des pendules et candélabres sur la tablette.
Le trumeau style Louis XVI incarne la pureté du style, souvent constitué d’un grand miroir en arc ou carré, dans un délicat encadrement peu ou pas ornementé, blanc ou doré. Charles de la Fosse annonce par sa sobriété inspirée de l’antique le style Néoclassique. La sobriété règne également dans les appartements de Marie-Antoinette au Trianon, où la décoration obéit à la mode « carrée ».

Le XIXe réutilisera le long du siècle le vocabulaire ornemental des style Louis XIV, style Louis XV et style Louis XVI. De très nombreux trumeaux à miroirs ont ainsi prolongé la féerie de ces décors princiers dans les intérieurs bourgeois.
Durant le Second Empire, on réinvente également le trumeau monumental, dans les style Néo-Gothique et style Néo-Renaissance. Ainsi l’hôtel de la marquise de Païva est orné d'un trumeau en bois sculpté d’inspiration renaissante en y adjoignant un large miroir, devenu indispensable après le Grand Siècle. Vers 1900, l’ Art Nouveau d’Émile Gallé dessine également des pièces qui modernisent le répertoire des cheminées.

Toutes les variations imposées aux trumeaux démontrent qu’il s’agit d’un élément clé du décor, imposant immédiatement au regard une ambiance propre et magnifiant la cheminée.

 

 

 


Bibliographie

 

Émile Reiber, L'Art pour tous : encyclopédie de l'art industriel et décoratif, A. Morel & cie, 1882.

J. Justin Storck, Le Dictionnaire Pratique de Menuiserie, Ebénisterie, Charpente, facsimilé de l’édition de 1900, Vial, 2002.

 

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