Les pièces de boiseries


Popularisées par les atmosphères érudites de la Renaissance, les pièces de boiseries ont l’intérêt majeur d’offrir une bonne isolation thermique et phonique, en plus d’harmoniser la décoration intérieure. Composées de panneaux et d’éléments démontables, elles sont destinées à s’adapter aux maisons et appartements.

Les plus grands palais européens, tels le Château de Versailles et Buckingham Palace, doivent l’élégance de leurs salles à ces éléments discrets et omniprésents des arts décoratifs. Valorisant la hauteur des pièces, les panneaux aux fines moulures élancées deviennent un vocabulaire prisé des hôtels particuliers aux XVIIIe et XIXe siècles.

Loin de n’être destinées qu’à recouvrir les murs, les boiseries architecturent les espaces intérieurs, créant des arcades, des niches, permettant de transformer des pièces entières. Elles comportent aussi parfois des consoles, bibliothèques, escaliers et armoires qui se combinent ainsi avec les murs en un décor très sophistiqué.

 

Le trumeau

Magnifiant l’espace de la cheminée, le trumeau placé au dessus n’a jamais été négligé. Il remplace progressivement sous Louis III et Louis XIV les manteaux imposants de la Renaissance, pour devenir au XVIIIe siècle un enjeu incontournable des ornemanistes les plus réputés.

Accueillant dès la Régence de larges miroirs comme à l’Hôtel de Soubise, il contribue à la féerie du XVIIIe siècle, reflétant les lumières des chandeliers. Se pliant à la succession des styles, les trumeaux deviennent progressivement amovibles pour pouvoir être remplacés. Avec ou sans miroir, il est aussi souvent garni de peintures ou de panneaux sculptés.

Élément important de la décoration des intérieurs du XIXe siècle, les trumeaux ont été produits en quantités. L’élégance qu’ils donnent aux espaces intérieurs met de surcroît en valeur le marbre ou le bois du manteau de cheminée.

 

Le style Régence



Galant et raffiné, le style Régence se développe pour une aristocratie amatrice d’atmosphères intimistes et joueuses. La mort du roi Louis XIV en 1715 sonne aussi le glas de son style solennel et classique ; son frère régent, Philippe d’Orléans, valorise les fantaisies évanescentes de Watteau dès 1717.

A la différence du style Louis XV, le style Régence conserve des lignes droites et formes géométriques issues du vocabulaire Louis XIV, comme le fauteuil à la reine au dos droit ; c’est pourquoi il est coutume d’y voir un style de transition. Les chaises, fauteuils, cheminées et commodes se galbent et sont décorés de fins motifs de coquilles, rinceaux et autres ornements. Célébrant la grâce féminine, l’époque voit aussi le mobilier se rembourrer et se transformer pour toujours plus de confort.

Emblématique du style, l’ébéniste et bronzier Charles Cressent se distingue par ses marqueteries subtiles et la création du motif de l’espagnolette, petit buste de femme en bronze ornant les meubles. L’ornement abandonne définitivement la ligne droite sous Louis XV, cédant la place au style noueux et baroque du nom de ce dernier.

 

Le pare-étincelles

Alliant l’élégance à la sécurité, le pare-étincelles en gaze métallique permet également de contempler le feu réconfortant de la cheminée sans être ébloui. Bien que certains modèles revisitent les styles baroque et rocaille, il s’agit d’une invention du XIXe siècle soucieux de progresser dans les arts décoratifs.

Il succède aux écrans de cheminées tapissés de riches étoffes, qui restaient inflammables et cachaient le foyer. Le beau monde apprécie les modèles en bronze doré ou en cuivre, munis d’une poignée et dont les contours baroques évoquent les flammes et luisent près du feu. De petites scènes y suggèrent le symbolisme des flammes : l’Hiver, mais aussi l’Amour y sont souvent évoqués.

De pareils pare-étincelles en bronze doré ont meublé l’Hôtel de Pontalba, aujourd’hui ambassade des États-Unis à Paris, ou l’Hôtel de Cora Pearl, une intrigante proche de l’Empereur Napoléon III.