Le second Grand Tour : l’Orient

Après le Grand Tour gréco-romain, est venu le temps des voyages plus lointains. Ces périples fabuleux dans les mystères de l'Orient marquèrent grandement les hommes qui s'y rendirent, comme ce fut le cas pour le célèbre Lord Byron (1788-1824).

Les conflits socio-politiques rendent le chemin difficile en Europe et les machines à vapeur permettent d'aller plus loin, plus rapidement et de façon plus sûre. Les voyageurs se voient alors explorateurs du bassin méditerranéen, à la rencontre de cultures millénaires que sont l'Egypte et les pays arabes.

Deux courants naîtront de ces voyages :
Le Romantisme, en effet les artistes de la fin du XVIIIème et début XIXème siècle iront en Orient afin d'échapper aux grandes villes urbanisées du début de la révolution industrielle et des troubles politiques de l'époque. A la recherche d'un âge d'or, plus proche de la nature.
Mais aussi, un peu plus tard, l'Orientalisme. Les odalisques d'Ingres, bien que celui-ci ne soit jamais allé physiquement sur place, représentent ce goût d'un ailleurs exotique. De nombreux objets inspirés de cette mode fleuriront dans les Expositions Universelles, comme des faïences mauresques aux couleurs vives ou les tissus orientaux.

Le premier Grand Tour : L’antiquité Greco-Romaine

De la fin du XVIIème siècle à la fin du XIXème siècle, Le Grand Tour permet aux garçons de bonne famille de parachever leur éducation et de devenir des hommes. Il donnera naissance à une génération marquée par ces expériences et de nouveaux courants artistiques.
Le voyageur se rendait aux sources de la culture occidentale à la rencontre du Colisée de la Rome antique, de l'Acropole d'Athènes .

Le Grand Tour permettait d'acquérir de nombreuses connaissances et de ramener chez soi des images de cette époque d'apogée des Beaux-Arts. Ces modèles se présentaient sous différentes formes : des gravures de Piranèse, des moulages de gemmes gravées représentant des œuvres d'art appelées intailles, mais également pour les plus fortunés, des sculptures en marbre des modèles classiques.
Toute cette génération sera marquée par cette expérience et le Classicisme triomphera dans les arts. On voit fleurir les Capriccio – compositions inventées réunissant différentes ruines antiques – ou encore des musées imaginaires, si typique de Pannini et d'Hubert Robert.
Dans les intérieurs, c'est la mode du Palladianisme, inspiré des grands palais vénitiens de l'architecte de la renaissance Andrea Palladio (1508 – 1580).

Le marbre Brocatelle

La brocatelle est réputée fragile mais est une pierre dure très belle. La brocatelle est exploitée dans le Jura, on en trouve deux variétés, l'une jaune et l'autre violette. Il existe également une variété mélangée ; celle-ci était moins exploitée et est donc plus rare de nos jours. On trouve également une variété de Brocatelle violette en Espagne.
La trace la plus ancienne de ce marbre travaillé est à Pompéi. On le trouve très régulièrement dans de grandes décorations du XVIIIème et du XIXème siècles : le Petit Trianon à Versailles, l’Opéra Garnier de Paris.

Le style Louis XV

Le style Louis XV est le prolongement du style Régence dans la recherche de libération des formes. Il clos définitivement le Grand Siècle sévère de Louis XIV pour le XVIIIème plus féminin et asymétrique, qui quitte les grandes salles de réceptions pour entrer dans la sphère de l'intime et du confort des petits appartements.
Les termes « rocaille » ou « rococo » sont rattachés à ce style. La dénomination rocaille renvoie au style Louis XV français plus symétrique et tempéré. Quant au rococo, c'est un cri railleur « Vanloo, Pompadour, Rococo » initié par les élèves de l'artiste néo-classique David. Ce mot est issu d'un mélange entre baroco (baroque en italien) et rocaille. Il renvoie traditionnellement plus à un style Louis XV très exubérant, souvent italien et allemand.

Les formes sont très contournées et sinueuses, les miroirs sont largement utilisés, les grands plafonds blancs sont ornés d’une rosace centrale. Les figures emblématiques de ce style sont le peintre François Boucher (1703-1770) et la maîtresse du roi la Marquise de Pompadour (1721-1764). Ce style se développe à Paris et Versailles de1725 à 1750, mais restera très à la mode en province tout au long du XVIIIème siècle.

Pendant la mode de l'éclectisme de la seconde moitiée du XIXème siècle, on meublera les habitations dans le style Néo-Louis XV. Des artistes talentueux, tels l'ébéniste François LINKE (1855-1946) seront à l'origine de nouvelles créations.

Le style Néo-Renaissance

Pour les arts, le XIXème siècle est celui de l'éclectisme. Ce mouvement artistique a pour but de créer un art à partir de ce qui a été fait de meilleur, en revisitant tous les styles du passé. Le Néo-Renaissance est l'une de ses variantes. Les artistes XIXème s'inspirent des primitifs italiens, du Cinquecento et de l’École de Fontainebleau pour trouver l'inspiration. Ces œuvres vont nourrir les créations des Beaux-arts et des arts décoratifs dès les années 1830 et ce jusqu'à la fin des années 1860.
On voit alors se développer un goût pour les meubles très architecturés, réalisés dans des bois sombres sculptés. C'est notamment la forme des cabinets à deux corps dit « Henri II » qui connaît une grande fortune.

Le décorateur Michel Joseph Napoléon Liénard (1810-1870) fait partie de cette mode et travaille sur des projets de restaurations avec l’architecte Jacques Félix Duban (1797-1870).
LHôtel de la Marquise de Païva (1819-1884) sur les Champs-Elysées est l'un des exemples les plus fastueux de ce style. Les plus grands artistes du genre travaillent sur ce projet pharaonique : l'architecte Pierre Manguin (1815-1869), le peintre Jean-Léon Gérôme (1824-1904), ou encore le sculpteur Carrier-Belleuse (1824-1887).