Exposition à la Galerie Marc Maison : « La magie d’un bouquet de kaolin », une collection de meubles et d’objets décorés des rares marqueteries de porcelaine de Julien-Nicolas Rivart, entre 1850 et 1867.




Nous plongeant à nouveau dans l'univers des Expositions Universelles, la Galerie Marc Maison expose sa grande collection d'œuvres de Julien-Nicolas Rivart, vingt-quatre pièces uniques, toutes décorées de ses fleurs en incrustation de porcelaine. Du somptueux bureau plat au porte-document, ces rares objets de luxe seront offerts à la vue des amateurs, du 19 mai au 15 août 2017, dans la nouvelle galerie du Marché Cambo, aux Puces de Paris Saint-Ouen.
Julien-Nicolas Rivart est le nom, bien connu des spécialistes, de l'inventeur qui bouleversa l'esthétique du meuble à décoration de porcelaine, en déposant son brevet en 1849. Depuis le XVIIIe siècle, l'aristocratie se montre amatrice de la délicate porcelaine, et aime en voir orner son mobilier. Les ébénistes trouvent alors le moyen de fixer des plaques de porcelaines avec une monture de bronze, mais échouent à l'incruster à la manière de la marqueterie ou de la mosaïque florentine de pierres dures.
Coffret à bijoux réalisé par Julien-Nicolas Rivart, ayant appartenu à Elsa Schiaparelli. Galerie Marc Maison.


Le « procédé Rivart » est ainsi l'histoire du coup de génie d'un humble décorateur de porcelaines, qui devint subitement un collaborateur privilégié des fournisseurs du Second Empire. Brusquement sorti de l'anonymat, il crée alors des pièces d'exceptions avec les Maisons Tahan et Alphonse Giroux et Cie, dont la Galerie Marc Maison présente ici de magnifiques exemples.




Les coffrets à bijoux, tables à ouvrages, bureaux, et autres œuvres présentées dans cette exposition ont ainsi la facture raffinée des pièces acceptées aux Expositions Universelles. Les plus belles essences de bois et les techniques d'ébénisteries les plus délicates y rivalisent d'effets. Rivart participe en effet à la toute première de ces expositions exceptionnelles, en 1851 au Crystal Palace de Londres, et sera présent à celles de 1855 et 1867, avec divers fabricants de meubles.
Dessin accompagnant le brevet de 1849 de Rivart, INPI, Paris.


A droite : Table à ouvrage Tahan à l'Exposition Universelle de 1855.
A gauche : Table à ouvrage à décor de marqueterie de porcelaine signée par Tahan, Galerie Marc Maison


D'une poésie romantique, à laquelle la génération d'Eugénie de Montijo et de la Reine Victoria est réceptive, les fleurs de Rivart immortalisent l'œuvre éphémère de la nature dans la porcelaine. Il collabore durant les années 1850 avec un jeune peintre tout juste sorti de la Manufacture de Sèvres, Pierre-Joseph Guérou, dont le pinceau a signé plusieurs des meubles exposés. L'exactitude illusionniste de ces peintures a le grand mérite de ne raidir en rien leur sujet, donnant à voir des fleurs fraîches comme au premier jour.

Le titre de l'exposition rend hommage au lyrisme de l'écrivain Auguste Luchet devant ces incrustations : « On ne saurait, si on ne le voyait, se faire l'idée de la magie qui résulte d'un bouquet de kaolin sur fond noir encadré de dorures, détachant ses couleurs fraîches et vives des milieux plus sombres du bois de palissandre, d'amarante ou de violette. » (L'Art industriel à l'Exposition universelle de 1867, 1868).

Un exceptionnel bureau plat violoné signé par la Maison Tahan, Rivart & Andrieux et le peinture Guérou.
Daté 1853-1856. Galerie Marc Maison.


Les plus grands musées détiennent les objets autrefois acquis par Eugénie de Montijo (Palais de Compiègne), le comte de Manneville (Cité de la Céramique de Sèvres) ou encore la reine pour le Palazzo Pitti de Florence (Italie).
Il s'agit là en effet d'une parfaite illustration de l'émulation technique au milieu du XIXe siècle, période fertile de l'invention du dirigeable, de la pasteurisation ou de la motocyclette à vapeur. L'invention de Rivart ne sera maîtrisée que de lui, si bien que les incrustations de porcelaines produites entre 1850 et 1867, à sa mort, sont des œuvres uniques.


Cette exposition fait suite à la parution de l'ouvrage paru en collaboration avec Emmanuelle Arnauld, Marqueteries virtuoses au XIXe siècle. Brevets d'inventions, Dijon, Faton, 2012.


Elle se tiendra du 19 mai au 15 août 2017 à la Galerie Marc Maison, Marché Cambo, 75 rue des Rosiers, 93400 Saint-Ouen (Puces de Paris)


Toutes les informations sont sur notre site Internet : www.marcmaison.fr/expo


Téléphone : +33 (0)6 60 62 61 90

Le catalogue de l'exposition

 
 

Cet article est également disponible en : Anglais

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *