Le château des Ollières, colline des Beaumettes, Nice
Le prince Alexei Lobanov-Rostovsky, Getty Images.
Portail du château des Ollières.
Cour intérieure, château des Ollières.
Tours crénelées, château des Ollières.
Détail de la façade, château des Ollières.
Château de l’Anglais, édifié pour le colonel Smith, 1858, Mont Boron, Nice.
Le château de La Tour, édifié pour Maximilien Budaï, 1880, Mont Boron, Nice.
La villa Leliwa, édifiée par Adam Dettloff pour le comte Rohozinski, 1896, Nice.

Le château des Ollières, étonnante et superbe demeure de Nice, fut édifié en 1876 par un négociant lyonnais, Louis Baudet. Son architecture troubadour et mauresque date de l’achat de cette propriété en 1885 par un diplomate russe, le prince Lobanov-Rostovsky.
Alors ambassadeur de l’Autriche-Hongrie pour le Tsar Alexandre II, Alexei Lobanov-Rostovsky fut ensuite Ministre des Affaires étrangères sous le règne de Nicolas II. Descendant des princes indépendants de Rostov, il se pensait aussi en ligne directe du roi mythique Riourik ayant régné au IXe siècle. Homme féru d’Histoire, il possédait une grande collection d’œuvres d’art, et voulu pour le château des Ollières un style évocateur d’un passé merveilleux.

Nombre de ses compatriotes avaient installé leurs villégiatures sur la Riviera, car depuis 1856, la baie de Villefranche, limitrophe de Nice, servait à la flotte du Tsar Alexandre II. L’intention de Lobanov était donc peut-être de suivre cet entrain de l’aristocratie russe pour Nice, mais on sait par ailleurs qu’il entretenait une relation avec une française, Mme Chevillot, épouse de l’ambassadeur de France à Constantinople.

Lobanov charge l’architecte polonais Adam Dettloff de transformer les Ollières en une « folie », un de ces lieux de villégiature aux architectures capricieuses. Dettloff garde certains éléments de la bâtisse, notamment deux grands vitraux néo-renaissance, « Le Départ pour la Chasse », et son pendant. Ces vitraux de la prestigieuse Maison Lorin , commandés en 1882 par un « haut responsable de l’État, M. Usquin », s’accommoderont parfaitement aux arcades en ogive du nouveau projet.


Nice comptait déjà plusieurs « folies » de la Belle Epoque, à commencer par l’emblématique château de l’Anglais, construit en 1858, puis la demeure de la princesse ukrainienne Kotschoubey et le château de La Tour de Maximilien Budaï. Architecte très en vue à Nice, Dettloff s’est inspiré de ces différentes fantaisies architecturales, et conformément aux souhaits du prince, a créé un style troubadour-gothique mâtiné d’influences mauresques. On peut voir aujourd’hui encore à Nice la villa Leliwa, une autre de ses réalisations, qui s’inspire directement du château des Ollières.


Rebaptisé Château Elisabeth après la Première Guerre mondiale, le Château des Ollières est la dernière "folie" niçoise de la belle Epoque qui soit encore visible dans son état d'origine.

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