Jean Royère (1902-1981), Photographie, © Les Arts Décoratifs, Paris.
Jean Royère (1902-1981), Period room, © Les Arts Décoratifs, Paris : applique Liane, canapé Boule, fauteuil Œuf et buffet en marque
Jean Royère (1902-1981), Light « Liane », vers 1950-1955, Tube de métal, abat-jour d’origine en Rhodoïd, © Les Arts Décoratifs / photo : Jean T
Jean Royère (1902-1981), cheminée, Modèle disponible, reproduction interdite, cat. Ed. d'art Charles Moreau, Paris.
Jean Royère (1902-1981), Projet de salle à manger, Dessin, © Les Arts Décoratifs.
Intérieur avec meubles et cheminée conçue par Jean Royère (1902-1981), vers 1952-53.
Jean Royère (1902-1981), Fauteuil « Oeuf », © Les Arts Décoratifs.
Jean Royère (1902-1981), Projet de salon, Dessin, © Les Arts Décoratifs.
L'ensemble Ours Polaire de Jean Royère (1949) dans l'appartement d'Emmanuel de Bayser à Berlin. Photo © Mark Se

Ayant un père haut fonctionnaire, Jean Royère (3 juillet 1902, Paris – 14 mai 1981, Pennsylvanie) passe une enfance agréable dans la capitale. Après des études de droit et une formation en Angleterre, il travaille au Havre dans l'import-export de ses 24 à ses 29 ans. Cette profession lui garantie un bon niveau de vie. Cependant, ce jeune homme va quitter cette carrière confortable pour se lancer dans celle plus hasardeuse de designer, où il se révélera travailleur passionné et talentueux. Il est poussé par l'un des fondateur du musée des Arts Décoratifs, Louis Metman (1862–1943), qui l'encourage dans cette voie.

 

Jusqu'en 1933 il sera employé par une fabrique de meuble du boulevard Diderot, située en plein cœur du quartier du Faubourg Saint Antoine, épicentre des artisans du mobilier parisien. Ses premiers travaux sont influencés par Jacques-Émile Ruhlmann (1879-1933). Il réalise des commandes pour son oncle, Jacques Raverat, qui l'employait au Havre et devient son mécène. Il réalisera notamment grâce à lui, des bureaux pour le port du Havre.

Il emploi des matériaux modernes, que l'on a pu découvrir en 1925 à l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes. C'est notamment le cas du tube d'acier nickelé ou chromé, que Marcel Breuer (1902 - 1981) utilisera pour sa Chaise Wassily (1925) créée au Bauhaus. Dans l'entre deux guerres il devient le matériau de prédilection des modernes tels : Eileen Gray (1878-1976), René Herbst (1891-1982), Charlotte Perriand (1903-1999), Pierre Chareau (1883-1950), Mies van der Rohe (1886-1969), Gerrit Rietveld (1888-1964) ou encore Robert Mallet-Stevens (1886-1945). Jean Royère l'utilisera dans la création du cabinet médical de Philippe Decourt en 1932.

Il rejoint également les idéaux des modernes car il va vers une création en série, accessible au plus grand nombre. Ce sera le cas pour la cité ouvrière d'Aplemont, également dans la région du Havre.

 

En 1933 il reçoit la commande prestigieuse du Carlton sur les Champs Elysées. Sa carrière décolle et un an plus tard il se voit attribuer la responsabilité de la section de mobilier contemporain à la boutique du Faubourg Saint Antoine de Pierre Gouffé. Il aménage rue de Passy dans un atelier d'artiste, qu'il meuble avec des éléments modernistes. Ce nouveau soutient financier lui permet également de présenter ses créations à différents expositions : Salon d'Automne, Salon des artistes décorateurs, Salon des arts ménagers, Exposition de l’habitation, ...

Son travail évolue, il se détourne de l'aspect métallique des modernistes pour aller de plus en plus vers le bois, le tissu et les surfaces laquées : lambris de zebrano ciré, tables en chêne massif avec un plateau en opaline blanche,…

Il reste attaché à la volonté de produire à la fois pour une élite mais également pour le grand public. C'est particulièrement le cas pour la décoration intérieur de 120 chambres pour l’école d’infirmières de Suresnes, dont il fera une version en série et une version de luxe au Salon d’automne.

 

Pour le 29ème Salon des artistes décorateurs de 1939, Royère élabore un mobilier qui laisse deviner ce qui deviendra typique de son style. Il propose un boudoir où l'on voit son lampadaire « Champignon », son siège « Trèfle » et son fauteuil « Éléphanteau ». La critique voit apparaître son goût pour les formes biomorphiques, qu'elle nommera « baroque forain ».

Pendant la Guerre il participera à la Résistance. Il met fin à sa collaboration avec Pierre Gouffé et ouvre en 1942 son agence rue d'Argenson à Paris, où il se consacre durant un temps à la mode rustique, puis se tourne définitivement vers une création résolument moderne.

La fin de la Guerre Mondiale marque le succès de la carrière de Jean Royère. En 1946, il ouvre une seconde galerie au Caire sous le nom de « Jean Royère et Aladin ». La même année, il entre à la Société nationale des Beaux-Arts.

En 1947 il présente son célèbre canapé « Boule » à l’exposition La Résidence française, organisée par la revue Art et Industrie. Le succès de sa boutique en Égypte et immense, notamment grâce à la visibilité de son travail de décoration pour le consulat de France à Alexandrie avec son imposant lustre « Hérisson ». Fort de ces succès, il ouvrira par la suite des galeries à Beyrouth, au Touquet, à São Paulo, ainsi qu'à Téhéran. A Paris il quitte la rue d’Argenson, pour le n°182 de la prestigieuse rue du Faubourg-Saint-Honoré.

 

Le tournant du siècle confirme son succès, notamment au cours de deux salons : celui de l’imagerie française au palais Galliera, où il utilise un métal laqué grenat ; ainsi que celui des artistes décorateurs, où il présente un cabinet en zebrano avec son fauteuil « Banane » et sa table basse « Flaque ». Il crée des décorations intérieures dans des lieux de luxe et de villégiatures (ex : Thonon-les-Bains, Le Fouquet’s, le paquebot France, ...), ainsi que dans des lieux de pouvoir (ex : nouvelle légation de France à Helsinki, l'ambassade du Koweït à Washington, le nouveau Sénat à Téhéran,...).

Il propose une production colorée et ludique, représentatif de cette énergie positive de la période d'après guerre. C'est dans le même esprit qu'il proposera au Salon des artistes décorateurs de 1954 un projet de bar pour une auberge de jeunesse dans les Alpes qu'il baptisera « Mon coeur balance ». La même année il conçoit son fauteuil « Oeuf » en reps orange et velours gris, ainsi qu'une version de sa table basse « Flaque » ornée d’étoiles multicolores. En 1956 il présente au Salon des artistes décorateurs, une chambre « Charme de Paris », dans laquelle sont placés ses sièges « Yo-yo », avec un jeu entre le métal froid et le tulle. Ou encore son lampadaire « Liane » au Salon des artistes décorateurs de 59.

Il est toujours attiré par les matériaux moderne et utilisera le Formica dans la décoration du palais du roi Hussein de Jordanie, situé sur les rives de la mer Morte. Mais également par les matériaux nobles plus traditionnels, comme le bois exotique et en particulier le teck, qu'il utilise pour le bureau du Président de la chambre de commerce au Havre.

 

Dans les années 60 Royère est devenu l'un des designers les plus reconnu sur la scène internationale. Pour sa dernière exposition en 1966, « Décors insolites chez Tristan de Salazar » à l’hôtel de Sens, il réuni ses créations emblématiques (la table basse « Flaque », le canapé « Banane » et l’applique « Liane ») dans un projet de salon pour le 50ème étage d’un immeuble new-yorkais.

Il met un terme à sa carrière en 1972 et déménage définitivement aux Etats-Unis en 1980.

Sa collection est vendu aux enchères à l'Hôtel Drouot le 19 juin 1980. Il lègue aux Arts Décoratifs, musée de son premier conseiller, Louis Metman, l'ensemble de ses dessins et nombreuses de ses pièces phares, tel le canapé « Banane ».

Il meurt peu de temps après, le 14 mai 1981 en Pennsylvanie.

 

Son œuvre est marquée par une production colorée, faite d'humour et de légèreté, qui transparaît dans son choix des matériaux tels que le métal laqué, le bois, la laine, la paille ou encore les fleurs d'herbier et même le tissu éponge. Les cheminées sont souvent mises en valeure, il leur consacrera même un ouvrage « Cheminées et coins de feu » aux Éditions d'Art Charles Moreau en 1950. C'est un endroit qui correspond à son style : un lieu chaleureux qui lui inspirera des design épurés, souvent réalisé en briquettes.

 


Bibliographie

- Jean Royère, Ed. Jacques Lacoste & Galerie Patrick Seguin,‎ 2012

- Patrick Favardin, Les décorateurs des années 50, Ed. Norma,‎ 2002

- Pierre-Emmanuel Martin-Vivier, Jean Royère, Ed. Norma, 2002

- Jean-Luc Olivie, Jean Royère, décorateur à Paris, Ed. Norma, 1999

- Jean Royère, Cheminées et coins de feu, Ed. d'Art Charles Moreau, 1950

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