Louis Sorel (1867-1933) accomplit ses études d’architecture à Paris auprès de Vaudemer, puis travailla avec Lecoeur.Sorel partie du groupe « l’Art dans tout », qui entre 1896 et 1901 se proposait - comme son nom l’indique -, de faire entrer l’art dans tous les domaines de la décoration intérieure.
Créée et présidée dès 1895 par Tony Selmersheim, la Société des cinq avait joué un rôle précurseur. Regroupant autour de son fondateur les quatre décorateurs Felix Aubert, Alexandre Charpentier, Jean Dampt et Etienne Moreau Nélaton, cette nouvelle association, rejointe en 1896 par l’architecte Charles Plumet, était devenue « Société des six », avant d’adopter finalement l’appellation manifeste : « L’art dans tout », avec l’arrivée en 1897 de plusieurs membres nouveaux, dont Louis Sorel et Henri Sauvage.
Louis Sorel était très proche de l’architecte
Charles Plumet, avec qui il exposa en à la
Société nationale des Beaux-Arts.Ils partageaient
le même souci d’apporter un grand raffinement aux
moindres détails de leurs créations, souvent, ils
travaillaient avec les mêmes collaborateurs, Tony
Selmersheim et Dampt. Sorel fut un architecte
fécond qui réalisa de nombreux immeubles, villas
et petits châteaux (Pommery à Reims),
principalement à Paris, Trouville et Neuilly
sur Seine.
En 1904, il construisit pour M. Périer un
immeuble situé au 9 rue Le Tasse à Paris.Son ami
Plumet, avait depuis longtemps adopté la loggia à
arcatures, si caractéristique de son œuvre. Sorel
en reprit l’idée sans vergogne, et en fit
l’élément décoratif principal d’un immeuble très
bourgeois, à la symétrie rassurante. Il accorda
un peu de couleur à sa façade, grâce à de vastes
remplissages en briques rouges. Le détail des
ferronneries et des sculptures est admirable de
finesse. La porte d’entrée, qui fut toujours le
morceau de bravoure des architectes de l’époque
1900, propose une poignée particulèrement
gracieuse, où deux salamandres s’enlacent
tendrement.Les sculptures de la façade,
appartenant au répertoire végétal bien connu de
l’Art
nouveau, sont de Pierre Seguin.
Louis Sorel, Hector Guimard ou Théo Petit étaient des architectes prolifiques, donnant à leurs édifices des détails magnifiques : portes ciselées, descentes de gouttière historiées etc…. Ces architectes cherchaient à faire ressortir les volumes des façades par leurs motifs originaux. Ils devaient libérer les ouvertures, les baies vitrées, afin de leur donner une indépendance par rapport au reste de l’élévation. C’est déjà l’annonce des préoccupations de l’architecture moderne, essentiellement volumétrique.
En 1912, Sorel conçut le programme décoratif de la Société auxiliaire de l'Alimentation à l'angle du boulevard Raspail et de la rue de Sèvres, à Paris, en collaboration avec son ami l’architecte Félix Aubert.
De nos jours, deux réalisations de Louis Sorel
figurent à l’inventaire général du Patrimoine
Culturel : la Mairie et l’école de Cléry en
Somme, en Picardie, qui furent commandées par
Maurice Fenaille en 1919 ; et une maison
d’artiste située à Vincennes en briques et
ardoises.