Portrait de Marie Leczinska, Louis Toqué, 1740, musée du Louvre.

Marie Leczinska (1703-1768), princesse de Pologne, reine de France (1275-1768), fille de Stanislas Leczinski et de Catherine Brin-Opolinska, est née à Trzebnica, en Silésie. Bref roi de Pologne et Duc de Lorraine et de Bar à titre viager, Stanislas Leczinski veilla à  l’éducation de sa seconde fille alors qu’il était en exil, exil qui les mènera à Stockholm, puis la principauté des Deux-Ponts, et à Wissembourg en Alsace.

Louis XV tombe une énième fois malade en février 1725, le duc de Bourbon, premier ministre du royaume, craint que le duc d’Orléans, fils du défunt Régent et son rival, ne monte sur le trône. Il renvoie la jeune fiancée de Louis XV, l’infante Marie-Anne Victoire d’Espagne, et fait dresser par le secrétaire d’état Fleuriau de Morville une liste des partis envisageables. Marie Leczinska figure sur cette liste, notons qu’elle avait d’abord été pressenti pour être l’épouse du duc de Bourbon, pourtant elle n’a rien à apporter à la France. C’est pourquoi le duc de Bourbon et la Marquise de Prie, son intrigante amante, choisissent Marie, espérant sa reconnaissance une fois sur le trône et conserver le pouvoir.

Les intrigues de la cour conduisent au mariage de Marie Leczinska et de Louis XV célébré à Fontainebleau le 5 septembre 1725. Les rumeurs allaient bon train sur la laideur de la reine, ses origines polonaises, sa stérilité, son manque d’esprit, elle était considérée comme une vieille fille de vingt-deux ans (Louis XV était à peine âgé de quinze ans). Pourtant, Marie Leczinska parlait six langues, dansait avec grâce, et avait reçu une éducation accomplie. Les premières années de mariages furent heureuses, mais Louis XV, désormais âgé de vingt trois ans, est jeune et plein d’allant, il s’ennuie auprès de Marie, fatiguée par ses nombreuses grossesses (10). Le roi prend alors sa première maîtresse, la comtesse de Mailly, puis viendra la Marquise de Pompadour. Marie Leczinska fut maladroite, n’étant pas née dans une cour, elle n’en connaissait pas les usages, ni la « terrible étiquette » de Versailles. Malgré les mises en garde de son père, elle voulut s’intéresser à la politique, ce qui n’était pas du goût de Louis XV. En 1726, lorsqu’elle convoqua le roi pour intervenir en la faveur du duc de Bourbon, qui risquait la disgrâce, mais elle perdit toute influence politique sur son mari. Peu à peu, Louis XV qui l’avait sincèrement aimée, la délaissa complètement, cependant elle lui restera très attachée.

Marie Leczinska vécut à Versailles, entourée d’un cercle restreint de courtisans, sur le modèle des fameux salons parisiens si caractéristique de l’époque, s’adaptant au mœurs et coutumes du château, assumant ses devoirs incombant à son statut et jouissant d’une liberté jusqu’alors inconnue aux reines de France.. Grande amatrice de musique et de peinture, elle peignait elle-même des aquarelles, elle est l’auteur d’un tableau figurant « une ferme » aujourd’hui conservé à Versailles. Elle fit venir à Versailles le castrat Farinelli en 1737, qui lui donna des cours de chant, ainsi que le jeune Wolfgang Amadeus Mozart en 1764. Le peuple la surnommait « la bonne reine » à cause de sa philanthropie, sa bonté et son infinie générosité envers les indigents.

 

  • Photo : Portrait de Marie Leczinska, Louis Toqué, 1740, musée du Louvre.

 

Louis Tocqué (1696-1772) fut l’élève de Nicolas Bertin puis de Hyacinthe Rigaud, avant d’être agréé à l’Académie le 13 août 1731. Il envoya cinquante portraits aux expositions de l’Académie de 1737 à 1759. Gendre de Jean-Marc Nattier, il fut avec de Largillière, un des peintres favoris de la haute société de l’époque. En 1757, l’impératrice Elisabeth l’appela en Russie où il séjourna deux ans et exécuta le portrait de cette souveraine. Puis il portraitura le roi et la reine du Danemark, avant de voyager dans les cours du nord de l’Europe où il fut somptueusement reçu.

De 1740, date l’important portrait d’apparat de la reine Marie Leczinska, conservé au musée du Louvre. Marie Leczinska se tient debout, vêtue du manteau de sacre et d’une robe décorée de motifs d’indiennes, désignant de sa main droite sa couronne posée sur un coussin fleurdelisé. Les rideaux pourpres, repliés, donne davantage de théâtralité à ce portrait placé dans un riche décor d’architecture, de console et fauteuil en bois doré, qui incombe au statut de reine de France.

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