Façade de Fonthill Abbey, Angleterre.
Projet de salon dans le goût gothique, aquarelle, vers 1836. Le décor néo-gothique envahit les meubles, les miroirs, la cheminée etc....
Façade néo-gothique de la cathédrale Saint-Patrick de New York, 1885-1888, James Renwick Jr.
Dessin de Viollet-le-Duc présentant la flèche de la cathédrale d'Amiens et son décor de plomb
Abbatiale Sainte-Clotilde de Paris.
La façade néogothique de la Chapelle royale de Dreux (1839-1845).
Salon de la princesse Marie d'Orléans aux Tuileries, Prosper Lafaye, 1842, Paris. Le peintre a représenté la princesse Marie debout devant son pupitre gothique, feuil
Cloison gothique. Charles-François Petit d’après Théodore Charpentier. 1837. Provient du Salon gothique de la princesse Marie d’Orléans aux Tuileries. Musée du Lou
Salon de la princesse Marie d'Orléans : socle néo-gothique. Charpentier Louis Charles Théodore (1797-1867) (d'après) Cruchet Michel-Vic

Le style néo-gothique est un style architectural né au milieu du XVIIIème siècle en Angleterre. Avec la montée du romantisme, certains amateurs éclairés tels Horace Walpole ou William Beckford ont fortement contribué à l’émergence d’un engouement pour le Moyen Age, les Arts médiévaux et le pittoresque qui devint une nouvelle qualité esthétique. On se souvient de Fonthill Abbey ou Strawberry Hill, charmantes folies au luxe abondant. Au XIXème siècle, le néo-gothique acquit sa renommée grâce aux œuvres de Pugin et de Ruskin. La construction de style Néo-Gothique la plus célèbre de Pugin est la Chambre des Parlements de Londres construite entre 1836 et 1852.
 
Au  XIXème siècle, ce mouvement a une importante influence en Europe et en Amérique du Nord.
 
En France, la Révolution a rompu avec le passé chrétien et monarchique français, dont la conséquence a été un grand traumatisme social. La nostalgie du passé national et celle d’un passé rêvé deviennent alors une source d’inspiration nouvelle.
 
Malgré la faveur de la redécouverte du Moyen Âge, qui s’était notamment traduit par la peinture de style Troubadour (salon 1802) qu’appréciait l’impératrice Joséphine, il faut attendre la Restauration pour que le style néo-gothique connaisse un véritable épanouissement dans les arts. En effet, les goûts personnels de Napoléon avaient quelque peu freiné cet essor, lui préférant l’Antiquité. La Restauration est ainsi l'occasion pour de jeunes architectes, notamment Jean-Baptiste-Antoine Lassus, de renouer avec le style Gothique français des XIIè et XIIIè siècles.
 
Le style néo-gothique trouve dans l’architecture un fort épanouissement avec notamment Prosper Mérimée, secrétaire de la toute nouvelle Commission des Monuments Historiques,  et Eugène Viollet-le-Duc qui entreprend la restauration de nombreux bâtiments gothiques français, comme Notre-Dame de Paris, l'abbatiale de Vézelay ou la Cité de Carcassonne.
Ainsi, on renonce à la symétrie et on s’inspire de l’architecture médiévale, les maisons sont dotées de bardages verticaux et de pignons de bordure très ouvragés. Les bâtiments publics, les églises et les grandes demeures bourgeoises sont ornés de créneaux, de flèches et de gargouilles.
Au XIXè siècle, plusieurs édifices furent bâtis dans le style Néo-Gothique comme la basilique Sainte-Clotilde à Paris (1846-1857) ou la Chapelle Royale de Dreux (1839-1845).
 
L’ameublement et les objets d’art subissent également cette influence néo-gothique, les artistes s’inspirent des formes et décors d’un gothique flamboyant du XVème siècle très approximatif, baptisé « à la cathédrale ». L'influence la plus importante dans le domaine du mobilier Néo-Gothique est sans aucun doute celle de l'atelier de Marie d'Orléans aux Tuileries. La princesse, deuxième fille du roi Louis-Philippe fut une artiste romantique accomplie, qui s'épanouit dans l'art de la sculpture. Fortement impressionnée par ses lectures d’ouvrages d’histoire et de romans, elle fit réaménager le salon de son appartement des Tuileries par l’architecte Charpentier, en 1835, dans le goût gothique, pour donner un écrin à ses œuvres. Charpentier propose ainsi pour ce salon un plafond à caissons de style Renaissance, une corniche en bois sculpté, tentures et vitraux. Des meubles anciens achetés à des marchands spécialisés et d’autres neufs vinrent compléter cet ensemble. Ces derniers furent créés, d'après les dessins de Théodore Charpentier, par le sculpteur ornemaniste Michel-Victor Cruchet et le menuisier Charles-François Petit.
 
La littérature romantique s’empare du Moyen Age, Walter Scott publie des romans chevaleresques à succès, et Victor Hugo situe son roman Notre-Dame de Paris (1831) dans la célèbre cathédrale gothique, faisant d’elle à la fois un décor et un des protagonistes. Cependant, dès 1804, à l’occasion du couronnement de Napoléon, un décor éphémère exaltait l’architecture du Moyen Age : un porche néo-gothique avait été élevé devant la façade dévastée de Notre-Dame. Une récidive se fit en 1824 pour le baptême du duc de Bordeaux, l'architecte Hittorff décora la façade de la cathédrale à la "manière gothique" et le public ne voulut plus entendre parler de grec et de romain.


Bibliographie

 

- Mérimée, Prosper, « Essai sur l’architecture religieuse du Mo

 

yen Age, particulièrement en France ». Annuaire historique pour l’année 1838, publié par la Société de l’Histoire de France. Paris, Renouard, 1837, p. 283-327.

 

- Grodecki, Louis, Le Moyen âge retrouvé. 2, De saint Louis à Viollet-le-Duc. Paris, Flammarion, 1991. 551 p.

 

- Marie d'Orléans, 1813-1839. Princesse et artiste romantique sous la direction d'Anne Dion-Tenenbaum et de Nicole Garnier-Pelle. Coédition musée du Louvre Éditions / Somogy, 240 p.

 

- Charlotte GERE, L’Epoque et son style. La décoration intérieure au XIXe siècle, Paris, Flammarion, 1989.

 

- Catalogue de l’exposition Un âge d’or des arts décoratifs (1815-1844), Grand Palais, Paris, RMN, 1991.

 

- BROOKS C., The Gothic revival, Phaidon, Londres, 1999.

 

- HITCHCOCK H.R., Architecture : nineteenth and twentieth centuries, Pelican History of art/Yale university press, New York, 1987.

 

- MIDDLETON R., WATKIN D., Architecture du XIXe siècle, coll. Histoire de l’Architecture, Gallimard/Electa, Paris/Milan, 1993.

 

- MIGNOT C., L’architecture du XIXe siècle, Edition du Moniteur, Fribourg, Suisse, 1983.

 

- WAINWRIGHT C., The romantic interior. The British collector at home. 1750-1850, Yale University Press, 1989.

 

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