Le XIXème siècle est le siècle de l’éclectisme, dont le terme provient d’une doctrine philisophique consistant à choisir dans divers systèmes les thèses les meilleures pour constituer un système complet. Cela se traduit dans les arts décoratifs par des emprunts à des sources d’inspiration variées, dont fait partie le style Renaissance.
La style néo-renaissance apparut contemporainement à l’avènement du roi Louis-Philippe (1830-1848), et vers 1835, au culte du Moyen-Age succéda l’engouement pour la Renaissance. Les artistes puisèrent leurs inspirations dans les motifs des styles Renaissance et Henri II. Ils subirent l’influence de la redécouverte des Primitifs italiens, qui entrent au Louvre à partir des années 1830.
La mode, qui est aux bois foncés, favorise le développement de ce style. Les ébénistes travaillent beaucoup le noyer et le chêne massifs.
Les ébénistes sont fascinés par la construction très architecturale du mobilier Renaissance. Les cabinets et les meubles à deux corps sont prétexte à des superpositions complexes, et la richesse iconographique des meubles manièristes convient parfaitement au goût du Second Empire.
Le décorateur Michel Joseph Napoléon Liénard (1810-1870) contribue à la diffusion du style néo-renaissance : ses ornements sont dérivés du XVIème siècle, cartouches, entrelacs, moulures excessives, éternelles chimères, cariatides, amours, satyres, chapelets de coquilles, figures grimaçantes… . Il collabore avec l’architecte Duban aux restaurations des châteaux d’Amboise, de Versailles, de Blois et de la chapelle de Dreux, ce qui lui assure une sûreté de main et une variété de connaissances concernant les styles anciens et plus particulièrement, la Renaissance. Il est l’auteur des modèles de sculptures de la Fontaine Saint Michel à Paris. De 1835 à 1865, Liénard joue un rôle prépondérant et est le fournisseur attitré des modèles de toutes sortes de style néo-renaissance.
L’architecte Pierre Manguin réalise un somptueux décor dans l’esprit de la Renaissance française puisant principalement ses sources dans l’école de Fontainebleau pour l’hôtel de la marquise de Païva (1819-1884) sur les Champs-Elysées. L’hôtel est orné de peintures de Gérome et de Baudry, de sculptures d'Aubé, de Barrias, de Carrier-Belleuse, de Dalou ; la marquise y donne des réceptions magnifiques où elle reçoit Émile de Girardin, Émile Augier, les Goncourt, Edmond About, Delacroix, Théophile Gautier, Arsène Houssaye, Taine, Sainte-Beuve et Gambetta. Les portes en bronze sculpté sont du sculpteur Legrain ; à l'intérieur, le célèbre escalier en onyx mouluré et sculpté est caractéristique du style Napoléon III. Aujourd’hui, on conserve l’une des fameuses consoles « aux atlantes » qui étaient parfaitement intégrées au décor du grand salon, entièrement faites de marbres et de bronze (Musée d’Orsay). Les atlantes, inspirés de modèles italiens du XVIIème siècle, résultent de la collaboration entre Carrier-Belleuse et son élève Dalou.