Photo n°1 : Eugène ATGET (1857-1927), Cheminée de la salle égyptienne du Louvre avec son âtre en fonte complet. Est appelée plaque de cheminée uniquement la plaque située au fond de l'âtre.
Photo n°2 : Louis Fordrin, Projet de plaque de cheminée, plume, encre noire, lavis gris sur papier. © Photo Les Arts Décoratifs, Jean Tholance.
Photo n°3 : plaque de cheminée de style Louis XIV en fonte. Roi Soleil dans une couronne de lauriers. © musée Gallé-Juillet, Service des Musées de France, Marion Kalt.
Photo n°4 : plaque de cheminée gothique : Les décors (bordures et lignes intérieures) sont réalisés en posant dans le moule des câbles torsadés.
Photo n°5 : Victor Ruprich-Robert, détail d'une plaque de fonte en vers 1874, crayon sur papier. ©photo musée d'Orsay.
Photo n°6 : Plaque de cheminée Art Déco de la Chambre à coucher de Jeanne Lanvin, (16 rue Barbet de Jouy à Paris, démoli en 1965). © Photo Les Arts Décoratifs, Jean Tholance.
Photo n°7 : Eugène ATGET (1857-1927), Cheminée de l'Hôtel de Choiseul-Praslin à Paris, photographie de 1912. Âtre en fonte complet comprenant la plaque de cheminée dans le fond.
Photo n°8 : Plaque de cheminée mythologique et chenets aux chameaux dans le boudoir turc de Marie Antoinette. ©Photo Musée du Louvre.
Photo n°9 : Plaque de cheminée Renaissance en fonte de fer ornée de Mars & Vénus dans un décor architecturé, vers 1580. ©Photo musée de la Renaissance d'Ecouen.

plaque de cheminée appelée aussi « contre-coeur », « taque » (de la Belgique à la Lorraine) ou encore « plaque à feu » dans certaines régions, est un objet en fonte posé au fond de l'âtre de la cheminée, c'est un accessoire de cheminée. Appuyée contre le mur du fond, son but est de renvoyer la chaleur du foyer vers la pièce à vivre, et d'empêcher que celle-ci ne se perde dans le mur.

Les plaques sont généralement en fonte de fer, c'est pourquoi on en trouve généralement dans les régions géologiquement riches en fer et en forges (comme la Normandie, la Lorraine, la Champagne...). Dans certaines régions elles sont en granit (Bretagne) ou en terre-cuite (Auvergne). Elles sont de forme et de taille variable : carrées, rectangulaires, semi-circulaires, octogonales, trapézoïdales…
Afin de réaliser ces plaques, les sculpteurs fabriquent un modèle en bois, celui-ci est ensuite fortement pressé sur du sable mouillé afin d'en faire une empreinte, c'est dans cette empreinte que l'on coule la fonte de fer.

On trouve des plaques de cheminées dès le Vème siècle en Chine, mais il faut attendre la Renaissance et le milieu du XVème sièclepour les voir arriver en Europe, leur usage ne se développe réellement qu'au cours du siècle suivant. La plaque la plus ancienne connue est conservée au musée Lorrain de Nancy, datant de 1431, elle porte les armes du Roi René d'Anjou : illustrée d'une croix de Jérusalem avec les quatre croisettes à côté desquelles se trouvent deux croix de Lorraine sur un fond de fleurs de lys.
Les plaques présentent donc un décor en bas relief plus ou moins développé, généralement des armoiries, celles du propriétaire de la demeure. Michel Pastoureau, dans sa préface à l'ouvrage de Philippe Palasi, Plaques de cheminées héraldiques, voit dans cet objet une mise en abîme très symbolique : « le château ou le manoir est le cœur du domaine ; la grande salle, le cœur de l'habitation ; la plaque à feu, le cœur de la cheminée ; et les armoiries, le centre même de la plaque ! » (p.7).

Les motifs héraldiques sont les plus présents sur les plaques, une étude approfondie a été menée par Philippe Palasi dans son ouvrage Plaques de cheminées héraldiques (2014). Dans ce livre, on apprend que certaines plaques armoriées étaient réalisées pour un client puis quelques années plus tard retirées pour d'autres acheteurs, les armoiries ne sont donc pas forcément liées à une famille, mais peuvent être un simple motif décoratif (permettant, ou non, de s'identifier à une grande famille locale). Pour les clients orner sa maison des armes d'un autre ne semble pas poser de problème. Mais qu'en est-il du commanditaire de la première plaque, du modèle en bois ? On sait que certaines grandes familles gardent le modèle sculpté en bois, ainsi pour ne pas avoir de copies, on conserve la matrice.

Afin de répondre aux attentes de leur clients et de limiter les coûts de production, les sculpteurs fabriquaient aussi des modèles de plaque appelés passe-partout : il s'agit d'un décor dont on voit au centre un écu vide que le client fait compléter par ses propres armes (ou le laisse vide à de simples fins décoratives). L'attachement à un décor spécifique ne semble pas être une priorité pour les commanditaires, la personnalisation des écus permettant tout de même d'individualiser son foyer.
Les modèles les plus tirés restent les plaques aux armes royales, ces types, assez nombreux, montrent l'attachement des sujets au Roi, mais aussi la banalisation de certains modèles.

Cependant les décors ont aussi d'autres motifs : scènes mythologiques ou allégoriques, scènes militaires, figures humaines ou animales. Autour du motif principal on peut souvent voir un décor secondaire. Les compositions apparaissent à la Renaissance, mais l'âge d'or des plaques de cheminées est sans conteste le XVIIIè siècle, les compositions rappellent alors les tableaux de maître ou les gravures qui circulaient alors beaucoup chez les ouvriers d'art.

Malheureusement, les plaques ne sont jamais signées et il est donc difficile de les attribuer ou de les dater. C'est grâce au motif le plus répandu, les armoiries, que l'on peut, en partie, dater, localiser et attribuer les plaques. Leur étude permet de aussi de distinguer les originales des copies, forgeries ou surmoulages qui ont eu lieu au fil des siècles. En effet, les plaques ont acquis une certaine valeur commerciale au cours du XIXème siècle et l'utilisation de moules anciens a permis la réédition de plaques (jusqu'à aujourd'hui encore).
Si l'on peut parfois dater une plaque, sa localisation n'est pas aisée car cet objet a la particularité de voyager, son poids n'est pas un obstacle et l'on retrouve des plaques à plusieurs centaines de kilomètres de leur lieu de production. Les plaques ont souvent fait l'objet de partages car certaines deviennent l'unique représentation des armes familiales pour les héritiers. D'autres plaques ont simplement quitté des édifices en ruine ou abandonnés pour rejoindre un nouveau foyer...

Si les plaques de cheminées connaissent un certain engouement au XIXème siècle, il ne faut pas oublier que lors de la Révolution Française, entre 1793 et 1798, un très grand nombre de plaques ont été brisées et fondues. En effet, il existe un décret du 18 vendémiaire de l'an II (9 octobre 1793) ordonnant leur destruction. A cette époque, posséder une plaque de cheminée ornée d'attributs royaux suffisait à rendre son propriétaire suspect, il pouvait ainsi être envoyé en prison, voir même à l'échafaud. Mais certaines ont simplement été retournées dans le foyer ce qui les sauva.

Aujourd'hui on trouve des plaques du XVIIIème siècle assez exceptionnelles et en bon état, mais on trouve aussi de belles rééditions datant du XIXème ou du XXème siècle (il y a assez peu de plaques d'édition depuis le Second Empire).
L'Art Nouveau puis l'Art Déco ont acquis une grand technicité dans l'art de la ferronnerie avec de grands artistes tels Edgar Brandt (1880-1960) ou Raymond Subes (1891-1970). Une nouvelle production de plaques de cheminées fait alors son apparition. Mais après la seconde guerre mondiale, avec la généralisation des moyens modernes de chauffage, la production a fortement diminuée.


Bibliographie

Henri CARPENTIER, Plaques de cheminées (Fireplace Firebacks), Paris, 1967.


Armelle MALVOISIN, « Cheminées : des plaques d'époque » (Fireplaces: antique firebacks), L'Oeil, Mars 2010, p.110­-111.


Philippe PALASI, Plaques de cheminées héraldiques (Heraldic Fireplace Firebacks), Paris, Gourcuff­-Gradenigo, 2014.

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