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Style Symbolisme / Ref.16201

Charles-Édouard MAUGENDRE-VILLERS (1852-1922), Triptyque votif à la Vierge protectrice contre la peste

Dimensions
Largeur 211cm
Hauteur 172cm
Profondeur : 12cm

Époque et provenance:
huiles sur toile marouflées, 1897

Important triptyque religieux composé de trois huiles sur toile marouflées sur les panneaux d'une armoire en chêne à volets mobiles, chacune signée Charles-Édouard Maugendre-Villers (Cuy-Saint-Fiacre, 1852 - Lille, 1922) et datée juin 1897. Peintre et sculpteur formé auprès d'Augustin Dumont, de Gabriel-Jules Thomas et d'Albert-Ernest Carrier-Belleuse, l'artiste expose au Salon à partir de 1879 et se distingue notamment par ses œuvres religieuses et commémoratives. Le panneau central représente la Vierge en majesté, assise sur un trône doré rayonnant tel un nimbe, vêtue d'une robe rose et d'un manteau bleu. Au-dessus d'elle, des angelots portent dans une nuée la couronne fermée et le sceptre, attributs de sa royauté céleste. De sa main gauche, elle tient un lien rouge retenant la Peste, figurée au pied de son trône sous les traits d'une bête monstrueuse terrassée, à la gueule muselée par ce même lien. Cette personnification du fléau enchaîné par l'intercession mariale constitue le cœur du programme iconographique, explicité par l'inscription latine sculptée sur la base du meuble : « Per me pestilentia conflictis salus », soit « Par moi, le salut pour ceux que frappe la peste ». Autour du trône se presse la foule des suppliants et des miraculés en robes claires, parmi lesquels se distinguent une veuve en deuil agenouillée, un ecclésiastique et une mère présentant son enfant. À l'arrière-plan se déploie un paysage de plaine ponctué de clochers. Les volets latéraux figurent deux anges en pied dont l'opposition résume le passage du fléau à la délivrance. À gauche, un ange aux yeux clos tient des rameaux fleuris au-dessus d'un champ de lys, symboles de pureté et de renouveau, sous un ciel nocturne éclairé par la lune. À droite, un ange casqué et nimbé remet au fourreau son glaive entravé de liens, geste signifiant la fin du châtiment, dans un paysage de chardons embrasé par le couchant. Cette iconographie renvoie vraisemblablement à l'épisode biblique de l'ange de la peste rengainant son épée après la supplication de David, et oppose terme à terme le lys au chardon, l'aube au crépuscule, la grâce à l'épreuve. L'armoire en chêne, dont les deux portes permettent de fermer le triptyque à la manière des retables anciens, est sculptée à sa base de banderoles déroulées portant l'inscription votive en lettres gothiques. La facture, qui associe le hiératisme des primitifs à une palette claire d'inspiration symboliste, inscrit cette œuvre dans le courant de renouveau de l'art religieux de la fin du XIXe siècle.

Prix: sur demande

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