Photo n°1 : Portrait de Edward Julius Berwind (1848-1936).
Photo n°2 : Résidence New Yorkaise d'Edward et Sarah Berwind au n°828 de la Cinquième Avenue.
Photo n°3 : The Elms, Résidence d'été d'Edward et Sarah Berwind à Newport Beach, Rhode Island.
Photo n°4 : Le hall du deuxième étage avec une cheminée impressionnante ornée d'une Cariatide et d'un Atlante, conçue par Jules Allard et Louis Ardisson. Disponible à la Galerie Marc Maison.
Photo n°5 : Photo de ce même hall Louis XV en 1980. On aperçoit la cheminée sur le côté gauche de la photo.
Photo n°6 : La Salle de bal dorée au deuxième étage, à côté du hall Louis XV.
Photo n°7 : La cheminée dans la Résidence Marble House des Vanderbilt, élaborée également par Jules Allard & Louis Ardisson et reprenant le sujet de Neptune et Amphitrite.
Photo n°8 : La Salle à manger dans leur résidence d'été The Elms.
Photo n°9 : Les jardins Vénitiens, The Elms.
Photo n°10 : Portrait de la famille Berwind. Le vieil homme assis est Edward, il est entourné de ses nièces en blanc, à sa droite la femme aux cheveux bruns est sa soeur Julia.
Photo n°11 : Entrée de la résidence Berwind à New York.
Photo n°12 : Grand escalier conçu par Jules Allard pour The Elms.
Photo n°13 : Jardin d'Hiver, The Elms.
Photo n°14 : Entrée de The Elms avec une lanterne sur potence et des scuptures de sphinge et putto.
Photo n°15 : Dessin d'architecture de the Elms.
Photo n°16 : Salle de Bal à The Elms de nos jours, avec une décoration de Noël.
Photo n°17 : Portrait de Edward J. Berwind (1848-1936).

Edward Julius Berwind (1848-1936) était le fils de John Paulus Berwind, un immigré allemand qui travaillait dans la vente de piano, à la Pretien and Berwind Piano Company. Sa famille compte cinq enfants, dont son frère Charles F. Berwind (1846 – 1890) qui travaille dès 1862 en temps que « office boy » dans l'entreprise de charbon & d'acier, la Powellton Coal & Iron Company. Très vite, le jeune homme fait ses preuves et alors qu'il est âgé de seulement 21 ans, il devient vice-président de la société aux côtés de Robert Hare Powell, le magnat du charbon en Pennsylvanie. En 1869, Charles ouvre sa propre entreprise et s'associe en 1874 avec le membre du congrès, Allison White pour ouvrir leur compagnie appelée la Berwind-White Coal Mining Company.
Ils se placent comme l'une des sociétés les plus influentes dans le domaine de l'exploitation du charbon et servent de fournisseur pour les chemins de fers et l'industrie de Pennsylvanie. A partir de 1903, leurs ventes dépassèrent les 2,5 millions de tonnes de charbon par an, collecté dans leurs 105 milles hectares de mines, pour un revenu de 8 millions de dollars. Leur succès les poussent à ouvrir des succursales en West Virginia et dans le Kentucky, avant de déplacer le siège à New York.
Edward J. Berwind (1848-1936) (Voir photo n°1) rejoint l'aventure familiale en 1875. De ses 23 à ses 33 ans, il s'est consacré à sa carrière dans la marine américaine. La première partie de sa vie aura eu une influence sur son caractère, il en conserva une grande rigueur et aura la réputation d'être un patron ferme. Il dirige leurs bureaux à New York dès 1876 et prendra la tête de l’entreprise à la suite de son frère en 1886, et cela jusqu'en 1930. Il pressent l'importance des grandes innovations et diversifie leur activité : électricité, voitures, air comprimé, machines de forage…

La fortune colossale d'Edward lui permet de se consacrer à sa grande passion pour les œuvres d'art. À son époque ce sont les Expositions Universelles qui rythment le marché de l'art et forgent le goût. Dans la seconde moitié du XIXème siècle, les recherches historicistes ont donné le jour à la mode de l’Éclectisme. Ce courant se tourne vers les siècles passés, les classe, les analyse et de ces recherches résultent différentes interprétations que sont le style Néo-Renaissance , style Louis XV , style néo-gothique , style Louis XVI …
Une grande vogue pour les décors "à la française" s’empare des riches industriels philanthropes américains, comme les Vanderbilt, Rockefeller, Rothschild, et les Berwind n'échappent pas à la règle.
Edward J. Berwind épouse Sarah Vesta Herminie Torrey (1856-1922), fille de Franklin Torrey et de Sarah Lincoln Spinney, et partage avec elle une véritable passion pour les arts. Le couple se consacra à la construction de deux résidences exceptionnelles où ils pourraient montrer leurs chefs d’œuvres et accueillir la haute société. Il s’agit de leurs résidences sur la 5ème Avenue à New York et de The Elms à Newport Beach – Voir ci-dessous.
Les Berwinds n'auront jamais d'enfants ; aussi sont-ils sont très liés à la sœur d'Edward, Julia A. Berwind (1864-1961), qui a eu deux filles avec Robert Early Strawbridge (1871-1963) (voir photo n°10). Il compte lui aussi parmi les grosses fortunes de Philadelphie, il est le fils de Justus C. Strawbridge, fondateur de Strawbridge and Clothier (un grand magasin comparable au Bon Marché parisien) mais également de la Philadelphia National Bank.

Dès la mort de Sarah en 1922, cette dernière laisse la moitié de ses biens à sa belle-sœur et donne l'autre moitié à la charité. Elle ne laisse à son mari que ses bijoux (estimés tout de même à 376,944$) car selon elle “he does not need it” (il n'en avait pas besoin). Le 18 août 1936, Edward meurt à son tour laissant dernière lui un empire de 31 millions de dollars (somme colossale pour l'époque).
En 1932, il fait appel à l'architecte Horace Trumbauer (1876-1938), qui avait déjà réalisé The Elms, pour la construction de sa dernière demeure : un mausolée sur le modèle de la "Tour des Vents" également appelée "Horloge d'Andronicos" d'Athènes. Il repose, non loin de la tombe de sa femme, au cimetière West Laurel Hill, dans leur Pennsylvania natale. Jusqu’à son dernier souffle ce grand amateur d'art aura souhaité témoigner son attachement à l'Art Classique.


La Résidence des BERWIND Sur la Cinquième Avenue (New York, US), 1894 (voir photo n°2)

Après avoir déplacé le siège social de son entreprise à New York, Edward fit construire une Résidence luxueuse sur la Cinquième Avenue, au n°828. Elle se situait à la jonction entre cette célèbre voie et la 64ème Rue. Le couple y habitera de 1894 à la mort de Sarah en 1922 (voir photo n°11).
La décoration intérieure a été confiée à la société Jules Allard & Fils, une entreprise familiale d'ébénistes depuis le XVIIIème siècle, qui a ouvert une succursale à New York en 1885. C'est Jules Allard lui-même qui a participé à ce chantier monumental, avec le concours de l'artiste Louis Ardisson (1848 - 1930). L'historien en architecture John Tauranac dira de cette demeure dans le New York Times : “nothing less of a palace […] unabashedly Louis XV and about as close to Versailles as residential New York has to offer” (« rien de moins qu'un Palace […] un style Louis XV décomplexé, et aussi proche du Château de Versailles qu'une résidence New-Yorkaise puisse l'être »).

Cette résidence répond aux critères classiques de construction, l'étage dit "noble" étant situé au premier, desservi par un escalier distribuant en enfilade deux pièces majestueuses. Un immense hall desservait la Gold Ballroom (Salle de bal dorée), de style Louis XV avec une décoration de boiseries donnant sur le parc, qui pouvait contenir 80 invités (voir photo n°6). Au centre de ce hall trônait une cheminée soutenue par une cariatide et un atlante engainés. Il s’agit là de notre cheminée (Voir photo n°4 et 5). Une cheminée comparable fut réalisée par le même duo Jules Allard & Louis Ardisson dans une autre demeure d'exception : la Marble House de Newport, à côté de laquelle on peut retrouver un bas-relief en bois doré représentant Neptune et Amphitrite (Voir photo n°7).
Au rez-de-chaussée se trouvent la bibliothèque, la salle à manger ainsi qu'une salle de réception. Mais pour les réceptions les plus exceptionnelles, le couple se rendait dans leur maison de Newport, appelée The Elms où ils avaient la place d'accueillir plus d'invités.
Les parties privatives se trouvaient au deuxième étage, avec les chambres des propriétaires et une remarquable salle bain en Onyx et albâtre.

 

THE ELMS, Newport, (Rhode Island, U.S.), 1901 (voir photo n°3)

Cette demeure a été construite entre 1899 et 1901 par l’architecte Horace Trumbauer (1876-1938). Il prend pour modèle le Château d'Asnières, réalisé entre 1750 et 1752 par Jacques Hardouin-Mansart de Sagonne (1711-1778), entouré d'un magnifique jardin (Voir photo n°9). Il répond aux canons du néo-classicisme français du XVIIIème siècle, mais également aux avancées les plus modernes en matière d'électricité. Elle fait 5.575m² et compte 48 pièces (voir photo n°15).
Les Berwind accueillent dans ces lieux les plus hautes personnalités de leur temps, aussi bien politique Theodore Roosevelt, le Kaiser Wilhelm II d'Allemagne, le Prince Wilhelm de Suède, que de grands mondains comme leur amie, Elizabeth Wharton "Bessie" Drexel (1868-1944) dont on peut contempler aux murs de la salle de bal, le portait réalisé par le célèbre peintre Boldini (1842-1931).

En 1901, pour l’inauguration, une immense fête est organisée dans la salle de bal aux proportions gigantesques : 41' 49 ' 19', soit 130m² pour une hauteur sous plafond de presque 5 mètres (Voir photo n°16). Les murs sont richement ornés de personnages et décors en stuc dans le style Louis XV . La musique est jouée sur un piano Steinway doré de 1900. Du plafond pend un imposant lustre Baccarat. A la fin du XIXème, la firme Steinway est au sommet de sa gloire, elle a reçu en 1878 une médaille d'or à l'Exposition Universelle et vient de présenter à celle de 1900 un bateau en cristal et bronze doré.
La bibliothèque de The Elms est recouverte de panneaux de bois et de tentures de soie rouge. La salle à manger est elle aussi réalisée par le décorateur parisien Jules Allard ; le couple y expose sa collection de peintures vénitiennes du XVIIIème siècle. Chaque pièce est d'un grand luxe et montre les qualités et le goût du décorateur Jules Allard, notamment dans des pièces emblématiques comme l'escalier du Grand Hall orné de marbre (voir photo n°12), le jardin d'hiver (n°13), ou encore l'entrée de la demeure (n°14) qui annonce les richesses de son intérieur.
Les cheminées sont l'occasion de toutes les démesures : celle de la salle à manger est faite d’agate, d' Onyx et de marbre vert et rouge, la partie supérieure est en forme de niche qui accueille un buste dans le style de la Rome Impériale (Voir photo n°8).
La salle de bain est de style Louis XVI , mais très moderne, car équipée d'électricité et répond aux standards hygiénistes du tournant du siècle, carrelée de blanc du sol au plafond.

Comme nous l'avions vu plus haut, c'est la sœur d'Edward, Julia Berwind (1864-1961), qui hérite de la demeure en 1922. Elle se dévoue à la conservation de ce lieu jusqu'à sa mort en 1961, âgée de 96 ans. Avec elle c'est tout le mode de vie de cette époque qui s’éteint, elle était la dernière résidente des villas somptueuses de Newport à perpétuer encore ces règles : on comptait encore 40 serviteurs à The Elms au moment de sa mort. Elle souhaitait entretenir la mémoire familiale en conservant les choses telles qu'elles, sans y apporter de technologies nouvelles. Mais son légataire n'a pas le même attachement, il vend la propriété et les biens sont dispersés aux enchères. En 1962, The Elms est sauvée de la démolition par un rachat des « Friends of The Preservation Society of Newport County ». Ce collectif se dévoue à la préservation de ce joyau : par son classement dès 1971 et une campagne de réameublement qui a permis la reconstitution de près de la moitié du mobilier d'origine. Depuis 1962, il est possible de visiter ce témoignage des jours fastes de l'âge d'or américain.


Bibliographie

"Julia A. Berwind, A Society Figure. Leader Here and in Newport Dies", New York Times, May 18, 1961 (Retrieved 2009-09-08).

"E. J. Berwind Dies, Coal Operator, 88. Said to Have Been Country's Largest Individual Owner of Bituminous Mines. Also a Patron of the Arts", New York Times, August 19, 1936 (Retrieved 2009-09-08).

Smith, G. E. Kidder, Source Book of American Architecture: 500 Notable Buildings from the 10th Century to the Present, Princeton Architectural Press, 2000.

James L. Yarnall, Newport Through Its Architecture: A History of Styles from Postmedieval to Postmodern, UPNE, 2005.

Michael A. Seggie, In the Shadows of a Newport Mansion, CreateSpace Independent Publishing Platform, 2014

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