Photo n°1 : La grande cheminée de Marble House est encadrée de bas-reliefs en bois doré, dus à Louis Ardisson.
Photo n°2 : Louis Ardisson a représenté un Triomphe de Neptune et d”Amphitrite. Cette composition est peut-être inspirée d’un plafond de Charles Lebrun au palais du Louvre.
Photo n°3 : Extraordinaire cheminée monumentale de Jules Allard et Louis Ardisson provenant de l'Hôtel particulier des Berwind, New York
Photo n°4 : François Boucher (1703-1770), Les Forges de Vulcain ou Vulcain présentant à Vénus les armes pour Enée, 1757, musée du Louvre. Photo © RMN-Grand Palais / Jean-Gilles Berizzi.
Photo n°5 : le sculpteur Augustus Saint-Gaudens devant son haut-relief Amor Caritas, Paris, 1898. © National Park Service, Saint-Gaudens National Historic Site.
Photo n°6 : Triomphe de Neptune, bas-relief en marbre Statuaire de Carrare pour la résidence Berwind sur la Cinquième Avenue, inaugurée à New York en 1894.
Photo n°7 : BOULLOGNE (dit) l'Aîné (1649-1717), Neptune amenant Amphitrite dans un char marin, 141 x 162 cm, © Musée des Beaux-Arts de Tours.
Photo n°8 : Pierre Mignard (1612-1695), Neptune offre à Colbert la domination des mers, Dessin pierre noire, rehauts de blanc sur papier lavé de beige, Musée du Louvre. Photo © RMN-Grand Palais / Michèle Bellot.
Photo n°9 : Pierre Mignard (1612-1695), Neptune offrant ses richesses à la France, 1684, Domaine de Compiègne. Photo © RMN-Grand Palais / Franck Raux.
Photo n°10 : Charles LE BRUN (1619-1690), Le Triomphe des eaux ou Neptune et Amphitrite, commande en 1663 pour le plafond de la Galerie d'Apollon au Louvre.
Photo n°11 : Boucher François (1703-1770), Neptune poursuivant la nymphe Amymone, 1764, huile sur toile, Versailles, Châteaux de Versailles et de Trianon. Photo © RMN-Grand Palais / Gérard Blot.
Photo n°12 : Charles André dit Carle Van Loo (1705-1765), Neptune et Amymone, 1757. Prêt du Musée du Louvre au Musée de Nice, car le peintre est d'origine niçoise comme Ardisson.
Photo n°13 : Antoine Coysevox (1640-1720), Neptune, 1705, marbre, 185,5 x 117 x 111 cm. Paris, Musée du Louvre (à l'origine dans le Parc de Marly).
Photo n°14 : Adam Lambert Sigisbert (1700-1759), Neptune brandissant son trident, Amphitrite recevant les richesses de la mer que lui présente une Naïade, sur le char marin accompagnés de Tritons et de monstres marins, 1736-1740, sculpture en plomb monumentale du Château de Versailles de 4,5 x 7,4 mètres. Photo © RMN-Grand Palais / Christian Milet.
Photo n°15 : La Fontaine d'Amour d'après Jean Honoré Fragonard (1732-1806), gravé par Nicholas François Regnault (1746-1810), 1785. Gravure, deuxième état. Photo © The Met Museum, New York.
Photo n°16 : Doyen Gabriel-François (1726-1806), Allégorie de la pêche : Neptune et Amphitrite, 1768, crayon graphite, encre brune, gouache, rehauts de blanc et lavis brun sur papier. Donation Harry G. Sperling en 1981. Photo © The Metropolitan Museum of Art, NY.
Photo n°17 : Damoiselet Florentin (1644-1690) ou Huilliot Claude (vers 1632-1702), L'Hiver, 1683-1684, huile sur toile, Château de Fontainebleau. Photo © RMN-Grand Palais / Gérard Blot.
Photo n°18 : Frise d'angelots symbolisant la chaleur, sculptée en marbre Statuaire de Carrare, imaginée par Ardisson pour Berwind.

Louis Ardisson est un sculpteur né à Nice en 1848. Il appartient au courant des artistes académiques qui offrirent une production de grande qualité dans un style classique au cours de la seconde moitié du XIXème siècle.

Son travail est réputé pour ses compositions dans le goût du XVIIIème siècle français illustrant des scènes mythologiques et allégoriques. Il souhaite ainsi s'inscrire dans la lignée des grands maîtres en réalisant des sujets appartenant au Grand Genre. On appelle ainsi les œuvres monumentales illustrant des sujets bibliques, historiques, allégoriques ou mythologiques. Cela fait suite à la classification des genres d'André Félibien qu'il exposa lors d'un célèbre discours à l'Académie en 1667 :

« Celui qui fait parfaitement des paysages est au-dessus d'un autre qui ne fait que des fruits, des fleurs ou des coquilles. Celui qui peint des animaux vivants est plus estimable que ceux qui ne représentent que des choses mortes et sans mouvement ; et comme la figure de l'homme est le plus parfait ouvrage de Dieu sur la Terre, il est certain aussi que celui qui se rend l'imitateur de Dieu en peignant des figures humaines, est beaucoup plus excellent que tous les autres ... un Peintre qui ne fait que des portraits, n'a pas encore cette haute perfection de l'Art, et ne peut prétendre à l'honneur que reçoivent les plus savants. Il faut pour cela passer d'une seule figure à la représentation de plusieurs ensemble ; il faut traiter l'histoire et la fable ; il faut représenter de grandes actions comme les historiens, ou des sujets agréables comme les Poètes ; et montant encore plus haut, il faut par des compositions allégoriques, savoir couvrir sous le voile de la fable les vertus des grands hommes, et les mystères les plus relevés. »

Illustrer de telles scènes nécessite l’acquisition de connaissances afin de répondre au degré d’exigence de l'époque. Louis Ardisson se constitue donc une solide formation classique auprès du peintre Alexandre Bonnardel (1867-1942), professeur des cours de modèle vivant à l'École nationale supérieure des Beaux-Arts de Lyon.

Louis Ardisson participe régulièrement au Salon Officiel dans le dernier quart du XIXème siècle. Il y expose principalement des bas-reliefs réalisés en buis :
- Salon de 1876: Le Printemps, d'après Le Barbier (1738-1826) et Les Amours forgerons, d'après C. Coypel.
- Salon de 1877 : Petits Amours, d'après Boucher (1703-1770).
- Salon de 1880 : Le Printemps (seconde version).
- Salon 1881 : La Fontaine d'Amour, d'après Fragonnard (1732-1806) (voir photo n°15).
Mais également des bustes de commanditaires comme au Salon de 1882 : Portrait de Mme Quost et Portrait de M. L.L…, le premier étant un buste en terre cuite et le second une médaille en plâtre.
Il participera également à des Expositions Universelles, dont celle de 1878 qui se tient à Paris. On peut y admirer l'un de ses bas-reliefs en bois figurant Venus chez Vulcain, d’après François Boucher (1703-1770) (voir photo n°4). Il remporte grâce à cette composition une médaille de bronze.

Il compte parmi les membres actifs du milieu artistique de la troisième moitié du XIXème siècle. D'abord dans sa ville natale où il deviendra professeur des beaux-arts et Secrétaire du Cercle Artistique de Nice (3, place Grimaldi) et y organisera les expositions annuelles. Expositions auxquelles il avait lui-même participé, notamment en janvier 1880 avec un bas relief la Cible des Amours, aux côtés de grands artistes comme Gérôme (1824-1904), Meissonier (1815-1891) ou encore Gustave Doré (1832-1883).
Mais ses relations ne se cantonnement pas à sa ville natale. Aux États-Unis, Ardisson fait la connaissance, en 1897 d'Augustus Saint-Gaudens (1848-1907) irlandais installé en Amérique, qui découvre son travail (voir photo n°5). Ce célèbre sculpteur était renommé pour ses médailles, ainsi, en 1905 il fut chargé par le Président Théodore Roosevelt de redessiner les pièces de monnaies américaines. Il semble que Louis Ardisson ai travaillé à ses côtés.

S'il se trouve à cette époque à New York, c'est parce qu'il aura acquis la confiance du célèbre décorateur Jules Allard . Ce dernier ouvre une succursale new-yorkaise en 1885 et entraînera avec lui le sculpteur dans des commandes pharaoniques. Ils collaborèrent notamment sur les grands projets pour de riches industriels philanthropes : Edward Berwind et sur sa résidence située sur la Cinquième Avenue ainsi que celle à Newport Beach, baptisée The Elms. Dans cette même ville de bord de mer, il travaillent au fabuleux chantier de la Salle de Bal de Marble House imaginée pour les richissimes Vanderbilt (voir photo n°1). Ces collaborations sont emblématiques de la passion américaine de l'époque pour un XVIIIème siècle français flamboyant.
Pour la Marble House et la résidence de la Cinquième Avenue de Berwind, Ardisson propose deux bas-reliefs monumentaux qui explorent le thème de Neptune (voir photo n°2 et 6). Cette œuvre correspond parfaitement au style du sculpteur, à la fois dans sa thématique et dans son iconographie.
L'important bas-relief en marbre Statuaire de Carrare réalisé par Ardisson pour l'hôtel particulier de Berwind sur la Cinquième Avenue à New York orne une cheminée monumentale décorée d'atlantes, à voir en suivant ce lien.

Thématique
Ces deux œuvres trouvent leurs sources dans la mythologie antique. Afin de servir le message et la grandeur des commanditaires, il imagine pour Alva et William Vanderbilt le sujet de Neptune & Amphitrite et ensuite, pour les Berwinds un triomphe de Neptune. Maître des Océans, il est réputé pour sa fortune, son courage et sa puissance. Il est le plus souvent représenté sur son char entouré d'animaux marins réels ou fantastiques tels des tritons et les hippocampes (animaux mi-poisson mi-chevaux).
Dans l’Histoire également sont associés personnages de haut rangs et Neptune. Ainsi, en 1706 (ou 1707), le comte de Toulouse avait souhaité que le peintre Boullogne l'Aîné réalise pour la chambre du Roi au Château de Rambouillet une représentation de ce cortège, dans un tableau intitulé Neptune amenant Amphitrite dans un char marin (voir photo n°7).

Iconographie
Ces deux compositions respectent l'iconographie académique classique. Ainsi, on reconnaît Neptune grâce à ses attributs que sont sa barbe et son trident. Sa puissance divine est soulignée par la vigueur des éléments qui l'entourent, agitant les vagues et faisant danser sa barbe et ses cheveux au vent.
Soucieux de s’inscrire dans la tradition de l’Histoire de l'Art, sa composition rassemble différentes œuvres de l'époque de Versailles :

  • L’œuvre de Pierre Mignard (1612-1695), célèbre peintre du Roi Louis XIV a visiblement eu beaucoup d'influence sur le Neptune de la cheminée des Berwind. On voit dans le dessin préparatoire les mêmes roues de char que pour notre cheminée : Neptune offre à Colbert la domination des mers (voir photo n°8). Iconographie rare, car le plus souvent Neptune est représenté sur un coquillage, c'est d’ailleurs pour cette représentation qu'il optera dans la version pour les Vanderbilts. Pierre Mignard avait fait le même choix dans une autre version : Neptune offrant ses richesses à la France (voir photo n°9).
  • Pour la version des Vanderbilts, le plafond de la Galerie d’Apollon au Louvre a certainement été très présent dans l'esprit de l'artiste (voir photo n°10). Le décor très riche qui encadre la composition correspondait parfaitement à ce XVIIIème flamboyant.
  • Boucher (1703-1770) a souvent inspiré le travail du sculpteur et on reconnaît ses angelots voletant au dessus du char dans la version de Berwind , également présents dans l'œuvre Neptune poursuivant la nymphe Amymone (voir photo n°11).
  • Une autre illustration de ce récit a certainement eu une importance pour l'artiste, en effet, l’œuvre préparatoire à la tenture des Amours des dieux de Carle Van Loo (1705-1765) était exposé au musée des beaux-arts de Nice, où Ardisson était professeur (voir photo n°12).
  • Mais il ne se réfère pas qu'à la peintre, la sculpture monumentale est également une source d'inspiration : dans le bas-relief de la cheminée de Berwind on voit l'héritage du Neptune réalisée pour le parc de Marly de Coysevox (1640-1720) commandée pour Louis XIV (voir photo n°13) ; et Le Triomphe de Neptune et d'Amphitrite imaginé pour le Bassin de Neptune par Adam l'Aîné (1700-1759) commandé par Louis XV renvoie à la version pour les Vanderbilt (voir photo n°14).

C'est un thème qui semble intéresser les américains car on trouve dans la donation en 1981 au Met du galeriste Harry Sperling (1906–1971), un dessin du Doyen Gabriel-François (1726-1806) qui reprend ce thème (voir photo n°16).

Au dessus du foyer de la cheminée de Berwind , on trouve une frise d'angelots symbolisant la chaleur (Voir photo n°18). Cette iconographie est là encore inspirée des allégories de l'Hiver très appréciés au début du XVIIIème siècle (voir photo n°17).
Cette iconographie est fréquente au XIXème, c'est souvent le cas pour des pare-étincelles : voir notre sélection ici.


Bibliographie

F.G. DUMAS, Salon de 1879, illustrated catalog, Paris, Ed. L. Baschet & British and foreign, 1879, p. 71.

Victor CHAMPIER (1851-1929), L'année artistique - Années 1878-82 (The Artistic Year), Éd. A. Quantin, Paris, 1879-1882, 4 vol., p.157-158.

Catherine GAICH, Anne DOPFFER, Alain DAGUERRE de HUREAUX et John DRYFHOUT, Augustus Saint-Gaudens, 1848-1907: A Master of American Sculpture, Musée des Augustins, 1999.

Émile Bellier de La CHAVIGNERIE (1821-1871) puis Louis AUVRAY (1810-1890), Dictionnaire général des artistes de l'École française depuis l'origine des arts du dessin jusqu'à nos jours : architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes (General Dictionary of the artists of the French School from the beginning of the arts of drawing to today: architects, painters, sculptors, engravers, and lithographers), Éd. Librairie Renouard, Paris, 1882-1885, 3 vol, p.18.

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