Philippe-Joseph Brocard (1831-1896)
Télécharger en PDFPhilippe-Joseph Brocard, né en 1831 et mort à Meudon en 1896, est l'un des grands artisans verriers du Second Empire et de la Troisième République. Restaurateur d'antiquités devenu verrier, il a redécouvert les émaux durs polychromes des verriers de Syrie et d'Égypte (XIIIe-XIVe siècles), et en a fait l'un des symboles du goût historiciste et orientaliste de son temps. Considéré comme un précurseur de l'École de Nancy et de l'Art nouveau, il a influencé Émile Gallé.
Du restaurateur au verrier
Brocard commence sa carrière comme restaurateur et collectionneur d'objets d'art. Entre 1850 et 1860, il travaille notamment pour les collections Rothschild et pour le musée de Cluny, où il découvre les lampes de mosquée mameloukes. Fasciné par ces pièces, il en collectionne lui-même. Son atelier est installé faubourg Saint-Honoré, à Paris.
Le renouveau des émaux islamiques
À partir des années 1860, Brocard redécouvre les procédés des verriers médiévaux d'Orient : des émaux colorés, opaques ou translucides, appliqués au pinceau et fixés par cuisson sur le verre soufflé, relevés de dorures, d'arabesques et d'inscriptions de style coufique. Ses imitations de lampes de mosquée, de coupes et de gobelets sont si fidèles qu'elles se confondent parfois avec les modèles anciens, même si, comme le souligne le British Museum, il lui arrive de modifier ou de mal comprendre certains éléments de ses modèles.
Il expose à l'Exposition universelle de Paris en 1867, puis à Londres (1871), à Vienne (1873) et de nouveau à Paris en 1878. Le musée du Louvre Abou Dhabi conserve une de ses lampes de mosquée en verre soufflé émaillé de 1871 ; le British Museum, une autre réalisée à Paris en décembre 1867.
Vers un style plus libre
Après sa rencontre avec Émile Gallé, vers 1878, le style de Brocard devient plus libre et plus naturaliste. Il peint le verre clair dans un goût « persan », aux ornements géométriques et floraux stylisés, puis, dans ses dernières années, réalise des vases dans l'esprit de la céramique, des fioles médiévales et des coupes Renaissance, avec de grandes fleurs et un feuillage influencés par l'art chinois et japonais. Il dépose un brevet pour sa méthode d'émaillage en 1891.
La maison Brocard
Son fils Émile rejoint l'entreprise, qui prend le nom de « Brocard et fils » ; après la mort de Philippe-Joseph en 1896, elle poursuit son activité sous le nom de Verrerie Brocard, jusqu'en 1904 selon le British Museum. Les verreries de Brocard sont aujourd'hui présentes dans de grandes collections, dont celles du British Museum, du Louvre Abou Dhabi et du National Gallery of Victoria à Melbourne.
À voir également : Émile Gallé — L'Art nouveau — Le japonisme — Louis Majorelle
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Bibliographie
Institutional sources
The British Museum, London, mosque lamp decorated by Philippe-Joseph Brocard, Paris, December 1867, inv. 1902,1118.1 (biographical note on Brocard).
Louvre Abu Dhabi, Glass vessel in the shape of a mosque lamp, Joseph Brocard, Paris, 1871, blown and enamelled glass, inv. LAD 2012.011.
National Gallery of Victoria, Melbourne, entry "Philippe-Joseph Brocard" (enamelled glass).
Museum-digital, person record "Philippe-Joseph Brocard (1831-1896)" (dates and places of birth and death, after French Wikipedia).
Online resources
"Philippe-Joseph Brocard", Wikipedia (French version); entry "Philippe-Joseph Brocard", mcdesarts.com (glass collection).


