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Emblème de la douceur de vivre en 1900, l'Art Nouveau (vers 1890-1914) est né du génie de jeunes artistes, désireux de rompre avec les formes traditionnelles, et d’ouvrir la voie à un monde nouveau tourné vers la nature et ses symboles. Les britanniques William Morris et John Ruskin avaient annoncé cette révolution artistique, préconisant des formes naturelles et épurées dans les arts décoratifs, et influençant les Arts & Crafts.


Il ne s’agit pas moins ici que de transformer entièrement le cadre de vie de l’homme moderne, en réunissant art et vie dans un art total, touchant tout ce qui est visible. L'Art Nouveau, pour mener à bien cette idée, a été délibérément tourné vers les arts décoratifs, l'architecture et la décoration intérieure. Éclatant simultanément de toutes parts en Europe, l'Art Nouveau devient le Jugendstil en Allemagne, la Sécession à Vienne, le Modernismo en Espagne ou encore le Stile Liberty en Italie, autant d’équivalents européens des célèbres expérimentations françaises. Ces différents mouvements communiquent et se soutiennent à travers le nouveau phénomène des revues illustrées. Bruxelles et Paris seront en étroite communication, et c’est ainsi que l’expression « Art Nouveau » apparaît pour la première fois en Belgique en 1894 sous la plume d’Edmond Picard, et devient le nom d’enseigne de Samuel Bing à Paris en 1895, la galerie L'Art Nouveau.  


Très lié au symbolisme, l’Art Nouveau est marqué par de subtiles lignes mouvantes, des arabesques enveloppantes, les volutes rappelant fumée ou feuillages, ainsi que la sensualité féminine. Ce mouvement revisite le baroque et le rococo pour y puiser ses extravagances et fantaisies, tandis que le Japonisme y apporte notamment ses lignes épurées. Les artistes libèrent leur imagination et développent leurs styles personnels, car tout ce mouvement est placé sous le signe de la libération des formes.


Les architectes conçoivent leurs créations comme des environnements : le mobilier, le décor, les vitraux sont intégrés aux murs, les façades sont pleines de vie. Le splendide hôtel Tassel de Bruxelles (1893), conçu par Victor Horta avec ses ferronneries et rampes d’escalier sinueuses, est considéré comme le premier édifice représentatif du style. Les Grands Magasins comme les Galeries Lafayette en 1900 contribuent à familiariser le grand public avec cet Art Nouveau qui avait choqué à son apparition, en même temps qu’Hector Guimard conçoit les fameuses bouches du métro parisien aux allures organiques.

Le mobilier remet l’imagination de l’artiste à l'honneur et s’éloigne de la mécanisation, donnant à voir des pièces aux designs incomparables. La décoration intérieure fut véritablement révolutionnée par ce nouveau mouvement : les murs, le mobilier, les cheminées s'animent de formes mouvantes et sculpturales. La ligne prime alors sur le volume donnant un aspect très graphique aux créations. Pour compléter ce monde visuel, les arts graphiques connaissent également l’impact de l’Art Nouveau, dont les lignes épurées se retrouvent dans les magistrales affiches de Jules Chéret, de Steinlen et d’Alphons Mucha, et de nouvelles typographies stylisées, comme celle de Georges Auriol.


En 1900, lancés avec éclat par l' Exposition Universelle de 1900 , deux féconds foyers artistiques, Paris et Nancy, développent parallèlement des productions spécifiques. A Nancy, le célèbre Émile Gallé (1846-1904) stimule la créativité des verriers nancéens, les frères Daum, Louis Majorelle, Eugène Vallin et Victor Prouvé. De nouveaux procédés remarquables y sont mis au point : la vitrification, l'application de motifs en relief, les marqueteries intercalaires, l'émaillage, la gravure à l'acide, les patines, ou encore les verreries copiant les pierres dures. Émile Gallé, créateur aux talents multiples, est le maître influent de ce style, puisant son infatigable inspiration dans les imprimés japonais aux lignes courbes, dans le rythme de leurs compositions, le contraste des vides et des pleins, et les aplats. Passionné de sciences naturelles, les décors d’Émile Gallé sont envahis par des représentations stylisées de coquillages, d’algues, de papillons, de libellules, et de fleurs. Dès 1884, il ouvre un atelier d'ébénisterie dédié à cette production tandis que Louis Majorelle connaît un immense succès pour ses ensembles au Nénuphars ou aux Ombellifères.


Ajoutons que le style Art Déco , souvent confondu avec l’Art Nouveau, est apparu en réaction à ce dernier et en rupture avec l’esthétique de la nature. L’ Art Déco , art des « années folles », privilégiera les lignes droites, la mécanisation et une esthétique précisément industrielle.

Alfons Mucha, Les quatre saisons, lithographie en couleur, vers 1895.
Couverture de la revue munichoise « Jugend », n°22, 30 mai 1896.
Intérieur de la Casa Batlló (1906), dessinée par Antoni Gaudí, représentant du Modernismo catalan. Barcelone.
Escalier de l’Hôtel Tassel, bâtiment construit par Victor Horta pour son ami Emile Tassel, 1894, Bruxelles.
Hector Guimard, édicule de la station de métro Dauphine, Paris.
Hector Guimard, porte en fer forgé du Castel Béranger, Paris.
Salle à manger de l’hôtel Guimard, vers 1909, boiseries et bois de poirier, musée du Petit Palais.
Affiche de l’Exposition d’arts décoratifs de la Galerie Poirel, Nancy, 1894, par Camille Martin.
Projet de Louis Bonnier, Kiosque pour l'Exposition universelle 1900 à Paris (projet non retenu). Fonds Bonnier, musée de la cité Chaillot.
Cabinet Ombellifères d’Emile Gallé, vers 1900, 101,6 x 125,7 x 30,5 cm, Metropolitan museum of Arts, New York.
Coupe « Roses de France », d’Émile Gallé, 1901. Verre double couche, inclusions, marquetterie, décor gravé et applications. 44,7x31,1 cm. Musée de l’École de Nancy.