menu
Menu
account_box
Catégories
Contact
email Send us a message

Nous contacter

phone Par téléphone

+33 (0)1 42 25 12 79
Mar. - Sam., de 14h à 19h
+33 (0)6 60 62 61 90
Tous les jours, de 9h à 19h

email par Email

Plans & Adresses: contact@marcmaison.com

share Let's get social

Langue
Et aussi...
Ma sélection
(0 Objets)

Louis Malard appartient à cette catégorie d'artisans parisiens du XIXe siècle que l'on connaît par leurs œuvres plutôt que par leur biographie. Sa maison, installée rue de Maubeuge, produisait du mobilier de tous styles ; une seule pièce, présentée à l'Exposition Universelle de 1889, a suffi à faire durablement son nom : une chambre à coucher de style égyptien dite « rhamsésienne », qui compte parmi les créations les plus spectaculaires de l'égyptomanie française.

La Maison Malard

Louis Malard dirigeait une fabrique et un magasin d'ameublement situés au 9 bis, rue de Maubeuge, à Paris, dans le quartier de la gare du Nord — soit à l'écart du faubourg Saint-Antoine, où se concentrait alors l'essentiel de l'ébénisterie parisienne. Son activité est attestée entre 1886 et 1903. En 1908, un certain Oudard lui avait succédé à la même adresse.

La maison créait et vendait des meubles de tous les styles, avec une prédilection marquée pour les reconstitutions historiques : son répertoire allait, selon ses propres réclames, de l'époque de Dagobert au style Louis XVI. Cette pratique du meuble de style, dominante dans l'ameublement parisien de la fin du siècle, n'excluait pas l'invention, comme le montrera l'ensemble de 1889.

L'Exposition Universelle de 1889

Malard présente à l'Exposition Universelle de 1889, dans le groupe III, classe 18 consacrée au mobilier et aux accessoires, une chambre à coucher complète de style néo-égyptien composée d'un lit, d'un baldaquin, d'une banquette et de deux chaises. Elle lui vaut une médaille d'argent.

L'ensemble est exécuté en noyer massif sculpté et ciré, rehaussé de trois ors — jaune, rouge et vert. Le baldaquin évoque l'entrée d'un temple égyptien ; la tête de lit adopte la forme trapézoïdale d'un pylône et porte une scène de bataille où Ramsès II combat sur son char, motif tiré des bas-reliefs d'Abou Simbel ; deux figures féminines grandeur nature, assises dans une posture hiératique, encadrent le lit et servent de tables de chevet ; deux lions coiffés du némès en gardent l'extrémité.

Il ne s'agit pas d'une restitution archéologique mais d'une évocation libre, qui privilégie l'effet monumental sur l'exactitude. Ce parti la rattache pleinement à l'égyptomanie du XIXe siècle, courant né de la campagne d'Égypte et relancé par les grandes fouilles et par l'ouverture du canal de Suez.

Un témoignage d'époque

L'œuvre fit parler d'elle dès sa présentation. Le Figaro, dans son courrier de l'Exposition daté du 1er juillet 1889, lui consacre un passage sous la plume du journaliste et écrivain Georges Grison (1841-1928). Celui-ci précise l'avoir vu « ébauché » dans les ateliers de Malard avant de le retrouver achevé dans la classe 18, ce qui atteste que la pièce fut conçue spécifiquement pour l'Exposition. Il décrit les deux lions de grandeur presque naturelle tenant dans leur gueule une barre d'appui autour de laquelle s'enroule une draperie vert bronze et rouge capucine, puis les scènes égyptiennes du petit panneau, le char, l'archer, le guerrier et les oiseaux fantastiques.

Provenance

À l'issue de l'Exposition, l'ensemble est acquis par la comtesse Bathilde Ducos (1851-1927), qui le conserve jusqu'en 1896. Il passe alors dans la collection particulière de Charles Henri Duquesne et demeure dans sa descendance jusqu'à sa réapparition publique à Paris en 2019.

L'Exposition Universelle de 1900

Malard expose de nouveau à l'Exposition Universelle de 1900, où il présente une chambre à coucher d'une tout autre nature, associant le bois et le fer forgé. Le jury la juge curieuse et intéressante par son intention utilitaire — appréciation révélatrice d'une époque où la question de la fonction commence à concurrencer celle du style. Cette recherche d'équilibre entre référence historique et usage se lisait déjà, à sa manière, dans l'ensemble égyptien de 1889.

Postérité

La documentation sur Louis Malard demeure mince : on ignore ses dates de naissance et de mort, et son œuvre n'a fait l'objet d'aucune étude d'ensemble. Sa production est connue par les catalogues d'exposition, par la presse de son temps et par les meubles qui réapparaissent sur le marché. La chambre rhamsésienne reste son œuvre la plus documentée, et l'une des pièces majeures du goût égyptien dans l'ameublement français de la fin du XIXe siècle.

À voir également

L'égyptomanie — L'Exposition Universelle de 1889 — L'Exposition Universelle de 1900 — Gabriel Viardot — Paul Mazaroz — Leroux — Le style Louis XVI

Voir nos chambres à coucher et lits anciens


Bibliographie

Period sources

Georges GRISON, "Courrier de l'Exposition", Le Figaro, 35th year, 3rd series, no. 182, Monday 1 July 1889, p. 2 — description of the Ramesside bed, seen by the journalist in Louis Malard's workshops and then finished in class 18.

Exposition Universelle de 1889, official catalogue, Group III, class 18 (Furniture and accessories).

Exposition Universelle de 1900, reports of the international jury, furniture class — assessment of the bedroom in wood and wrought iron.

Studies

Le Cercle Guimard, "Le Faubourg Saint-Antoine et l'Art nouveau, 1895-1905", online study — records Oudard as Louis Malard's successor at 9 bis rue de Maubeuge in 1908.

Provenance and documentation

Brissonneau sale, Drouot Paris, 5 April 2019 — Egyptian revival bedroom, expert Georges Omouri; history of the Ducos and then Duquesne collections.

Galerie Marc Maison, inventory records and photographic documentation.

Louis Malard, chambre a coucher de style « rhamsesien », noyer massif sculpte et rehausse de trois ors, Exposition Universelle de 1889. Galerie Marc Maison
Détail : la tete de lit en forme de pylone, Ramses II sur son char a la bataille de Qadesh. Galerie Marc Maison
Détail : l'une des deux figures féminines faisant office de table de chevet. Galerie Marc Maison
Détail : les lions coiffes du nemes. Galerie Marc Maison
Le baldaquin, évoquant l'entrée d'un temple égyptien. Galerie Marc Maison
Louis Malard, chambre a coucher en noyer sculpte (ref. 15735). Galerie Marc Maison