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Après le Ier Empire, emporté dans la chute de Napoléon Ier, la monarchie est rétablie en France de 1815 à 1830. Les arts décoratifs se débarrassent alors des emblèmes de l’Empire et réemploient librement des motifs issus du style Louis XVI et du style Directoire, ainsi des palmettes et pattes de lions, en allégeant considérablement les ornementations. Le style Restauration oppose ainsi généralement la souplesse et la subtilité à l’ostentation.


L’économie affaiblie au sortir des guerres napoléoniennes ne permet pas à la couronne d’importantes commandes et Louis XVIII réemploie ainsi le mobilier en place ; Charles X en revanche, son successeur en 1824, se fera connaître pour son autorité et sa volonté de redorer le blason des Rois de France. La grande commande de la Restauration est ainsi le lit que Charles X commanda à Pierre Gaston Brion, artiste de l’Empire, pour sa chambre aux Tuileries. Le style de ce lit impressionnant affirme la continuité entre l’Ancien Régime et la Restauration, mais dans sa volonté de rivaliser avec le style napoléonien, il en prolonge aussi le faste.


A l’instar de Brion, d’autres artisans de l’Empire comme François-Honoré Jacob-Desmalter sont toujours en place, et continuent de produire des modèles du style Néo-classique, en les allégeant et privilégiant les courbes. La fin de l’Empire permet en effet d’assouplir les formes, parmi lesquelles la doucine en forme de S est souvent employée sur les corniches des cheminées et buffets.


On observe bien ce passage sur le fauteuil gondole, connu de l’Empire, qui sera un meuble favori de la Restauration. Pour ce meuble comme pour les commodes et tables, l’acajou est parfois encore utilisé, mais on le conçoit le plus souvent en bois clairs, essences de bois locales plus accessibles. Les ornemanistes jouent sur la marqueterie de ces différents bois, dessinant avec délicatesse de fines volutes et frises, plutôt que d’avoir recours aux bronzes d’ornementations. Charles X récompense ainsi François Baudry pour son élégant modèle de fauteuil gondole ayant su innover dans la forme du dossier, et dont les fines frises végétales sont caractéristiques du style Restauration.


La Duchesse de Berry s’illustre en mécène importante, notamment pour la décoration de ses appartements aux Tuileries. La psyché qu’elle acquiert en 1823 est un bel exemple de la nouveauté stylistique d’une solidité des courbes associée à un fin travail de marqueterie, qui assure toutefois une continuité avec le style Néo-classique. Connue pour ses tenues inspirées du Moyen-Âge et de la Renaissance, son portrait en 1816 révèle aussi le Romantisme qui commence à animer l’Europe. Vers 1820, sous Charles X, le Moyen-Âge exercera en effet une forte fascination sur les esprits, donnant naissance au style Troubadour et au style Néo-gothique.


Le style « à la cathédrale » fait son apparition, notamment avec le cabinet gothique de la comtesse d’Osmond, une salle de réception troubadour. Les chaises conservées au Petit Palais montrent cet enthousiasme pour un Moyen-Âge réinventé, arborant des licornes et ogives gothiques. Le médiévisme séduit un public de plus en plus large, ce qui se répercute sur les arts décoratifs : les formes comme l’ogive ou le losange, les motifs transposés de l’architecture gothique envahissent la décoration jusqu’aux théières.


Cette mode permet également à la monarchie de raviver le souvenir des heures de gloire de la royauté, comme le règne d’Henri IV. Le néo-gothique sous la Restauration est très éclectique et ne prétend pas être une copie exacte des styles médiévaux. Ainsi on trouve souvent des mélanges entre le style gothique, le style Louis XIII et le style Renaissance.


Ainsi, l’existence d’un véritable style Restauration a pu être discutée mais la période de la Restauration a bien vu des tendances stylistiques caractéristiques se dessiner.


Bibliographie

COLLECTIF, Un âge d'or des arts décoratifs, 1814-1848, catalogue de l’exposition, Paris, RMN, 1991, p. 57-59.

 

Nicolas COURTIN, « Un style Restauration ? », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 21 Février 2017. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/style-restauration

Pierre-Gaston Brion, Lit de Charles X aux Tuileries, modèle de Saint-Ange, 1824. Musée du Louvre, Paris.
Fauteuil gondole, 1824-1830, en érable et incrustations d’amarante. Collection De Agostini, photo Getty Images.
Fauteuil gondole exposé en 1827 par François Baudry, pour lequel Charles X lui remit la médaille de bronze. Hêtre, frêne, incrustation d’amarante. Musée des Arts Décoratifs, Paris.
Fauteuil Charles X, 1830, musée Mangin, Dijon.
Jean-Jacques Werner, commode achetée par Charles X en 1827 pour le Trianon. Château de Versailles.
Commode Charles X, 1830, musée Mangin, Dijon. Corniche en doucine, plateau en marbre.
Paulin Jean-Baptiste Guérin, Portrait de la duchesse de Berry, 1816. Château de Versailles.
Lit de la duchesse de Berry dans sa chambre aux Tuileries, 1820. Conservé au château de Compiègne.
Félix Frémond, Psyché formant boîte à musique, exposée en 1823 et achetée par la duchesse de Berry pour les Tuileries. Chêne, placage d’orme, incrustations de frêne et de citronnier, bronze doré. Musée des Arts Décoratifs, Paris.
François-Honoré Jacob-Desmalter, Chaises du cabinet gothique de la Comtesse d’Osmond, 1817-1820. Musée du Petit Palais, Paris.
Panneau de porte, collection du Val d’Osne, style Restauration. Illustration dans Emile Bayard, L’Art de reconnaître
Théière et sucrier décoré d’ogives, porcelaine, vers 1820. Musée national Adrien Dubouché, Limoges.
Baptiste-Ignace Zwinger, Vase aux effigies d'Henri IV et de Sully, 1817-1818, musée national du château de Pau.
endule Henri IV, v. 1820, Château de Pau.