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Style Autre / Ref.10511

Ferdinand LEVILLAIN (1837-1905) - Rare "Vase Diogène" en cuivre, bronze doré et galvanoplastie, modèle de 1891

Dimensions
Largeur : 19cm
Hauteur: 41cm
Profondeur : 19cm

Époque et provenance:
France, 1891.
Signé et Daté : "F. LEVILLAIN 1891"

Statut:
En excellent état.
Cuivre et bronze doré. Tirage et dorure par galvanoplastie.

Ce vase délicatement ciselé, décrivant la vie du philosophe Diogène, est l’œuvre qui a marqué le sommet de la carrière de Ferdinand Levillain. Considéré comme le plus fin amateur d’art grec parmi les artistes de son temps, Levillain est un sculpteur de bas-reliefs emblématique de la vogue Néo-Grecque. Exposée au Salon des Artistes Français en 1891, cette coupe a immédiatement été acquise par le musée du Luxembourg dont la mission était de collecter les meilleurs ouvrages contemporains.


Ferdinand Levillain est formé dans des ateliers de sculpture où règnent les modèles antiques. Depuis la fin du XVIIIe siècle, la culture est pétrie d’une vision idyllique du monde Grec, érigé en modèle de rationalité scientifique, d’aboutissement politique et de raffinement. Sous Napoléon III, le style Néo-Grec fleurit et Levillain y joue un rôle capital. Mu par un intérêt véritable, il réalise des relevés et des moulages de médailles antiques du Louvre, et étudie de près les bas-reliefs qui ornent les coupes et vases antiques du Trésor de Berthouville. Sculpteur de formation, il souhaite faire de la sculpture de médailles en bas relief l’égale de la sculpture en ronde bosse.


Remarquées aux Salons, les œuvres de Levillain entrent au catalogue de la grande fonderie d’art Barbedienne dès 1871. Cette collaboration lui permet de diffuser largement son art, mais il ne souhaite pas y travailler exclusivement, à la manière d’un exécutant de la marque Barbedienne. Levillain souhaite en effet garder son indépendance d’artiste, et travaille avec plusieurs fonderies comme Gagneau et Susse. En 1889, il atteint le sommet de son art, en étant un collaborateur privilégié des industries d’art. Le Vase Diogène est créé en ce moment de grâce, et son édition est confiée à la Maison Susse, la plus ancienne sinon la plus prestigieuse de Paris.    

1891 marque un tournant pour Levillain, qui à partir du Vase Diogène se concentrera sur une production de prestige. Le Vase est exposé au Salon de 1891 où l’État se porte acquéreur, et un autre exemplaire est acheté par Alphonse de Rothschild. Les deux se trouvent aujourd’hui respectivement au Musée d’Orsay et au Musée des Beaux-Arts de Lyon. Un troisième exemplaire a été conservé par Irma Levillain, sœur de l’artiste, qui l’a donnée au Musée de Sens. Dans ces collections, il est présenté avec le Plateau des Cinq masques (1892), que la Maison Susse éditait en même temps que le Vase Diogène.   

La vie de Diogène de Sinope (v. 404 av. J.-C. - 323 ap. J.-C.), le philosophe-vagabond, a laissé de nombreuses anecdotes, dont huit sont ici représentées. Sa vie a été décrite par Diogène Laërce au IIIe siècle dans Vies et doctrines des philosophes illustres ; elle a traversé l’histoire comme une fable rocambolesque, truffée d’humour et de scandales. Diogène a choisi de vivre dans le plus strict dénuement du temps de Socrate et Platon, auxquels il s’oppose régulièrement, et ne croit pas à l’idéalisation de l’homme. Représentant de la philosophie cynique, il est souvent, comme ici, représenté accompagné d’un chien, du grec cyno.

Le médaillon qui porte la signature de Ferdinand Levillain représente l’épisode le plus célèbre, où Diogène dans la jarre à grains qui lui sert d’abri, rencontre Alexandre le Grand. Levillain a exécuté une médaille avant le Vase, où on reconnaît la composition générale. Alexandre le Grand vient à Diogène pour éprouver son ascèse, et lui propose de lui offrir tout ce qu’il voudra. A cela Diogène répond à l’Empereur « Ôte-toi de mon soleil », la seule chose dont il souhaite jouir. En dessous de ce médaillon, Levillain a représenté une anecdote illustrant l’ironie mordante de Diogène. Platon ayant décrit l’homme comme « un animal à deux pieds et sans plumes », Diogène plume un coq et l’exhibe à la foule en criant « Voici l’homme de Platon ! ». Il semble ici le montrer à Platon lui-même, avec une moue de dédain.

Un jour, Diogène aurait voyagé sur un navire pris d’assaut par des pirates qui l’auraient ensuite vendu au marché aux esclaves. Alors, il aurait sorti cette bravade : « Qui veut acheter un maître ? » ; ce qui plut à Xéniade, un notable de Corinthe. Diogène enseigne  ainsi, sur un médaillon, aux enfants de Xéniade, qui en a fait leur précepteur avant de lui rendre sa liberté. Encore une fois, Levillain dispose une illustration de la sagesse de Diogène au-dessus d’une anecdote relatant son tempérament. Socrate aurait rencontré Diogène un jour dans les rues d’Athènes, marchant une lanterne à la main alors qu’il faisait jour. De nombreuses représentations de Diogène à la lanterne ont été tirées de cet autre épisode pour sa réponse : « Je cherche un homme véritable ! ». Le Musée de Sens détient encore une modèle en plâtre du bas-relief de Levillain.

L’ascèse du philosophe est une pratique exigeante. Il cherche à se libérer des désirs et résister à la douleur, en se roulant dans le sable brûlant, ou en enlaçant des statues de marbre glacées, scène que représente Levillain dans l’un des quatre médaillons supérieurs.  On connaît également de Levillain un Cabinet Diogène, conservé au Musée de Sens, où figure la même scène. En dessous de celui-ci, il représente Diogène mendiant auprès d’une statue, au grand étonnement de jeunes gens qui le regardent. Celui-ci explique qu’il implore la statue pour s’exercer à essuyer des échecs.

Sur le dernier couple de médaillons, Diogène voit un homme se faire chausser par son esclave et lui dit : « Tu n’es pas encore heureux, si tu ne te fais pas moucher aussi ; cela viendra, quand tu seras devenu manchot ». Enfin, Diogène jette son écuelle, qu’il considère superflue après avoir vu un enfant boire de l’eau au creux de ses mains. « Cet enfant m’apprend que je conserve du superflu ! »

Ces huit médaillons sont disposés de façon régulière, alternés verticalement avec de petits mascarons à têtes de lions. Leur lisibilité est accentuée par contraste avec le reste de la surface du vase, entièrement recouverte de lutteurs enchevêtrés et de feuilles de vigne. Au milieu de ces lutteurs, des masques de grotesques sont sculptés avec des expressions différentes.
Ces masques d’hommes barbus au milieu de lutteurs rappellent les ornements du Trésor de Berthouville. On peut tenter d’y lire une image de la folie du monde et des passions, auquel Diogène avait essayé de trouver une réponse.
Le Vase Diogène est ainsi l’une des plus belles œuvres de Ferdinand Levillain, qui s’est imposée dans d’importantes collections par la poésie et l’érudition de son thème.

Prix: sur demande

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