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Charles X, ou le comte d’Artois, est le fils du dauphin Louis-Ferdinand de Franc et de Marie-Josèphe de Saxe. Il succède à ses deux frères, Louis XVI et Louis XVIII et monte sur le trône de France en 1824. Plus de trente ans après la Révolution française, il espère incarner la continuité de la monarchie et représente le parti catholique. Il renoua avec la tradition du sacre en 1825 mais fut finalement renversé par la révolution de juillet 1830, les « Trois Glorieuses », et s’exila en Angleterre, en Écosse, à Prague et en Istrie où il mourut en 1836.

Sous la Restauration, le style Charles X, qui s’étend de 1818 à 1834, n’a pas vocation à remplacer le mobilier de l’Empire mais il s’inscrit en partie en réaction contre le formalisme de l’ère napoléonienne qui avait adopté une rigueur dépouillée inspirée de l’art gréco-romain. En effet les différents domaines artistiques connaissent un véritable épanouissement. En ce qui concerne les arts décoratifs, cette volonté de renouveau se manifeste par un assouplissement des formes. Les meubles gardent l’aspect sobre de l’Empire, inspiré par l’Antiquité, mais présentent des courbes (volutes ou arabesques). Le style Charles X se distingue également de l’Empire par la perte de l’aspect massif des meubles, dont les dimensions sont réduites pour s’adapter aux intérieurs plus petits. Ceux-ci sont conçus pour apporter confort et maniabilité. En effet, le confort devient un des critères essentiels recherchés dans les appartements. Les intérieurs sont équipés de pièces essentielles : commodes, grandes tables rondes pour la salle à manger, bureaux ou secrétaires, armoires voire coiffeuses, méridiennes à l’assise confortable dans les salons, petites tables, guéridons, ainsi que les fauteuils en gondole, dont le dossier de forme « ondulée » représente sans doute le mieux le style Charles X.

Une des caractéristiques les plus emblématiques de ce style est l’usage de bois clairs et indigènes souvent vernis pour mettre en valeur les veines et les grains du bois (le frêne, le platane, l'if, l'érable blond ou moucheté, le hêtre, l'olivier, le cèdre…). En effet les bois foncés se font rares au début du XIXᵉ siècle. En 1806, Napoléon Ier instaure un Blocus continental afin de ruiner le Royaume-Uni en l’empêchant de commercer avec le reste de l’Europe. Les ébénistes doivent alors trouver des alternatives à l’acajou qui jusque là était le bois le plus utilisé. Après 1815, les traités de paix et la situation politique européenne rendent encore plus difficile l’importation de bois, favorisant la popularité des bois clairs et des bois indigères. Sur ces meubles, des incrustations fines en bois foncé, représentant souvent du feuillage stylisé, contrastent avec le placage. Ces motifs peuvent rappeler les décors en bronze de l’Empire mais s’en distinguent par leur simplification et l’abandon des attributs militaires et mythologiques. Quant aux plateaux de table, le marbre est encore utilisé mais souvent délaissé pour un placage marqueté, en verre églomisé, en glace ou en plaques de porcelaine de Sèvres ou de Paris.

Des éléments décoratifs de la monarchie sont à nouveau utilisés pour évoquer une certaine idée du luxe. La marqueterie connaît un retour particulièrement marquant. Le mobilier en marqueterie  Boulle connaît un engouement particulier vers 1820 avec, par exemple, les œuvres de la famille Levasseur. Les draperies et les passementeries rappellent également le faste monarchique. Les étoffes deviennent blanches, couleur traditionnel des Bourbons, ou adoptent d’autres couleurs légères qui remplacent le vert napoléonien. 

Un des ébénistes les plus emblématiques de cette période est sans doute Jean-Jacques Werner (1791-1849), qui réalise des meubles pour une clientèle prestigieuse comprenant notamment la Duchesse de Berry, belle-fille de Charles X. Ses œuvres sont encore visibles au Musée des Arts Décoratifs et au Grand Trianon de Versailles. Les appartements de la duchesse au pavillon de Marsan ou au Palais de Saint Cloud représentent sans doute le mieux le style Charles X, avec des meubles en bois clairs ornés de motifs en bois foncé ou de fines dorures.

 En définitive, le style Charles X crée un lien entre la sobriété du style Empire et la richesse esthétique du style Louis-Philippe. Il annonce notamment l’essor du style gothique à travers le « style à la cathédrale », qui connaît un véritable succès dans les années 1827-1830. En effet, le mouvement du Romantisme alors en vogue met le Moyen-Âge à l’honneur. Les ébénistes ne s’inspirent pas du mobilier médiéval mais plutôt des éléments architecturaux des églises. Les dossiers de sièges sont décorés par exemple d’arcs en forme d’ogive et de dentelures. De même, peu avant l’abdication de Charles X, les meubles sont  réalisés à partir de bois sombres (notamment grâce au retour de l’acajou) et sont incrustés de bois clairs. Le Romantisme se traduit également dans les intérieurs par une impression de mouvement suggérée par un mélange de meubles de tous styles, de toutes tailles et de toutes formes, s’éloignant ainsi de l’aspect statique du Néoclassicisme. Les débuts de l’industrialisation et de la mécanisation impactent également ce style, puisque les progrès techniques de cette période mènent aux début d’une production de meubles en série.

 

Bibliographie :

FANIEL Stéphane (Dir.), Le Dix-neuvième Siècle Français, Collection Connaissance des Arts, 1957, Hachette

SASSONE, Adriana Boidi, Furniture from Rococo to Art Deco, 2000, Evergreen

Le Roi Charles X en costume de sacre, peint par François Gérard, 1829
Fauteuil gondole pour le salon indien de la duchesse de Berry au Palais de Saint Cloud, 1828, France, placage de frêne incrusté d’amarante, Musée des Arts Décoratifs
Félix Rémond (1779-après 1860), table de toilette, 1823, Paris, Exposition des produits de l’industrie (chêne, placage de loupe d’orme, de loupe d’amboine, d’acajou, de frêne et de citronnier, bronze doré), Musée des Arts Décoratifs
Jean-Jacques Werner, commode achetée par Charles X en 1827 pour le Trianon, Château de Versailles
Alexandre-Jean Dubois-Drahonet (1791-1834), La Duchesse de Berry dans son grand salon du pavillon de Marsan au palais des Tuileries, 1828, Paris, huile sur toile, Musée des Arts Décoratifs
Lit de la duchesse de Berry dans sa chambre aux tuileries, 1820, conservé au château de Compiègne
Chaise au décor cathédrale, 1825-1830, Paris (érable moucheté incrusté d’amarante, traverses en hêtre plaqué, assise couverte en satin), Musée des Arts Décoratifs