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Style Autre / Ref.11256

Lucien LEVY-DHURMER (1865-1963), portrait d'Emmy Fournier

Dimensions
Largeur : 120cm
Hauteur: 105cm

Époque et provenance:
France, XIXe siècle

France, XIXe siècle Pastel sur carton H : 105 cm / 41’’ 5/16 ; L : 120 / 47’’ 1/4 Signé «Lévy Dhurmer» en bas à droite Ce portrait de la femme de l’artiste témoigne de son talent de coloriste et de pastelliste. Il réalise un visage très fidèle au modèle, trace indéfectible d’un art et d’une précision académiques qu’il ne rejeta jamais vraiment. Malgré l’aspect flouté inhérent à l’œuvre, les traits du modèle sont rendus avec précision et son regard est fixé sur le spectateur. Une grande douceur émane de ses yeux, impression renforcée par le traitement de ses cheveux bruns élégamment relevés, mettant en avant son cou d’une blancheur presque immaculée qui semble capturer la lumière. Elle est vêtue d’une robe bleue ceinturée à la taille où est accrochée une rose, élément coloré qui crée un contraste avec les tonalités de bleu tout en soulignant la fraîcheur de son teint. Si la tenue est relativement simple, elle permet néanmoins à l’artiste d’exprimer tout son savoir-faire de pastelliste par une multitude de nuances, des reflets dorés (particulièrement au niveau du col et des manches de la robe) et des drapés finement exécutés. Le voile qui l’entoure – d’un bleu profond – crée un jeu subtil de transparences. Le paysage en arrière-plan est brumeux, évoquant ainsi le fameux sfumato de De Vinci par son aspect vaporeux et sa teinte bleutée.
Le contraste entre le rendu fidèle du visage et le reste de la toile, qui semble évoquer un rêve ou un souvenir aux contours peu définis est caractéristique des portraits peints par l’artiste, à l’instar de celui de Pierre Loti, conservé au Musée Basque de Bayonne.
De notre tableau émane ce sentiment de mystère et de mélancolie dont sont si souvent empreintes les œuvres de Lévy-Dhurmer ; une douceur infinie se dégage du personnage qui semble flotter dans un paysage irréel.
Les montagnes dans le fond de la composition rappellent les paysages montagneux peints par l’artiste au début des années 1910. Il expose notamment Nuées du Matin – œuvre remarquée par le critique H. Frantz qui en note l’idéalisme et les qualités décoratives – à la Société Nationale en 1911 et quatre Impressions de montagnes à la Société de Pastellistes Français en 1912. Il conservait dans sa chambre un petit pastel, dédié à Perla, son épouse, représentant les Dolomites dans le nord de l’Italie qu’il visita en 1910 – 1911. Si l’influence de Turner, Whistler ou Monet est difficilement discutable au regard de cette œuvre, les préoccupations hautement intellectuelles des peintres symbolistes de manière générale et de Lévy-Dhurmer en particulier s’opposent aux principes prônés par les peintres impressionnistes, post-impressionnistes ainsi que par les Fauves. Les « peintres de l’âme » parmi lesquels Lévy-Dhurmer mais également Alphonse Osbert, Maurice Denis, Aman Jean, Clairin ou Maxence refusèrent de s’inscrire dans une tendance qu’ils trouvaient sans doute trop impersonnelle et objective.
La dominante bleue, également présente sur notre pastel, évoque un univers onirique et dénote une recherche très fréquente chez l’artiste. Albert Maignan décrit, dans la Gazette des Beaux-Arts, ce procédé « venu du Japon à travers l’Angleterre » qui « répond parfaitement […] au tempérament d’artistes plus poètes, plus littérateurs que véritables peintres », notant ainsi la démarche toute intellectuelle et spirituelle d’un artiste qui s’oppose au naturalisme tout en partant de la réalité. Lucien Lévy-Dhurmer fut classé par la critique, suite à sa première exposition personnelle à la galerie George Petit en 1896, dans le groupe des symbolistes. Il reçoit d’ailleurs une certaine adhésion du de la part de Joséphin Peladan : « Vous savez certainement, Monsieur, quel est le caractère esthétique de la Rose + Croix ; vous n'aurez donc qu'à m'écrire en février et j'irai inviter vos œuvres chez vous. Cordialités. Sar Péladan ». L'artiste n'a cependant jamais exposé au Salon de la Rose + Croix, sans doute en raison de son déclin qui ne pouvait guère servir la gloire naissante du peintre, ce qui n’empêcha pas Thadée Natanson de remarquer : « M. Lévy-Dhurmer apporte autant de mysticisme, de préraphaélisme et de rosicrucisme qu’il convient à une exposition mondaine » (à propos de l’exposition des Pastellistes de 1898).

Un autre portrait de femme, conservé au Musée d’Orsay, évoque – par sa douceur, son fond bleuté, la féminité qui se dégage du modèle et les voiles légers qui l’entourent – l’esprit de notre tableau. Il s’agit du Portrait de Mademoiselle Carlier, aussi connu sous le nom de Femme au ruban, réalisé vers 1910.
Ce tableau est le portrait mondain d’une jeune femme apprêtée, à la différence de notre œuvre, plus intime et de laquelle émane une grande simplicité ; s’il choisit de représenter sa femme dans une pose élégante, elle n’en reste pas moins naturelle.
Emmy Fournier, surnommée Perla par Lévy-Dhurmer, l’épouse en 1914 : il a alors 49 ans. Comme sa mère Jeanne Marni et sa grand-mère Manoël de Grandfort, Emmy fournier est journaliste. Elle est la rédactrice en chef du journal féministe La Fronde, 14 rue Saint-Georges (tout près de l’atelier de l’artiste) auquel collaborait aussi sa mère. Elle eut l’occasion de travailler avec de nombreuses femmes écrivains, notamment Andrée Viollis et Séverine. Pendant la guerre de 1914-18, elle était secrétaire générale du « Foyer du soldat aveugle » et son rôle fut sûrement déterminant dans l’inspiration de Lévy-Dhurmer à cette époque, notamment pour sa série des Mères pendant la guerre. Elle ne cessa jamais de s’occuper des cantines maternelles de paris qu’elle avait fondées vers 1905.

Au Salon de la Société Nationale en 1924, l’artiste exposa un portrait de sa femme au pastel, peut-être s’agit-il de notre œuvre. En tout état de cause, il existe une ressemblance entre le modèle qui a posé pour notre portrait et la photographie de l’œuvre de Levy-Dhurmer ci-dessus ainsi qu’avec un autre pastel représentant la femme de l’artiste sur son lit de mort, en 1944.

Biographie de Lucien Lévy-Dhurmer

Né à Alger en 1865, Lucien Lévy ne changea son nom qu’en 1896, y adjoignant celui de sa mère, sans doute pour se différencier des autres artistes.

Il suit, à partir de 1879, les cours de l’École communale supérieure de Dessin et Sculpture, rue Bréguet à Paris où il est élève de Wallet et de Vion. Selon le témoignage de ce dernier, il est l’un des meilleurs élèves et reçoit de nombreuses récompenses. Il reçoit également, en 1886, les conseils de Raphaël Collin.

En 1882, il envoie sa première œuvre au Salon : une petite plaque de porcelaine peinte représentant la Naissance de Vénus d’après Cabanel. De 1887 à 1895, il travaille à la Manufacture de faïences d’art de Clément Massier à Golfe Juan. Il continue, semble-t-il, le dessin et le pastel – technique de prédilection de l’artiste ainsi qu’en témoigne notre tableau – et parfait sa formation en visitant des musées et en voyageant en Italie. Des auteurs émettent également l’hypothèse selon laquelle Lévy-Dhurmer aurait été, pour gagner sa vie, lithographe. En 1896, il triomphe lors de l’exposition qui lui est consacrée à la galerie Georges Petit. Ses études des classiques italiens et sa précision académique mêlées à une conception très personnelle de l’art en font un artiste complet qui a su assimiler les leçons de l’impressionnisme tout en se laissant porter par le courant symboliste et idéaliste. Les critiques le placent, à l’occasion de cette exposition, parmi les peintres symbolistes mais également mystiques ou romantiques, ils remarquent également son goût pour la Renaissance italienne et certains l’affilie à Gustave Moreau ou Aman-Jean. René Boylesve souigne son éclectisme : « Voulez-vous du Vinci ? Voulez-vous du Memling ? Voulez-vous de l’ancien ? Voulez-vous du moderne ? […] M. Lévy Dhurmer qui est un « peintre de l’âme », tient tout cela chez Georges Petit. »

A partir de 1897, il réalise de nombreux portraits puis, à partir de 1899, ses fameux « masques », apparitions de visages, très réalistes, sur un fond inachevé. Il voyage beaucoup : en Italie, en Espagne, en Hollande, en Afrique du Nord ou encore en Turquie. Il visite également la Bretagne, la Savoie, la Côte d’Azur, l’Alsace ou Versaille. Il ramène de ses pérégrinations des paysages – souvent très influencés par l’impressionnisme – et des personnages issus des rencontres qu’il a faites.

A partir de 1906 environ, il réalise des œuvres inspirées par la musique de Beethoven, Fauré ou Debussy. Ces œuvres préfigurent ses nus idéalistes, de plus en plus fréquents après 1920. Vers cette époque, il entreprend aussi des Fables de La Fontaine ou du Conte Hindou, fidèle encore aux sujets chers à Gustave Moreau. Il expose tout au long de sa vie, irrégulièrement, au Salon des Artistes français à partir de 1882, au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts à partir de 1897, au plus au Salon d’Automne (après 1930) et participe à de nombreuses expositions de groupe. Plusieurs expositions personnelles lui sont consacrées : celle de la galerie Georges Petit en 1896 mais également à Paris en 1899-1900, en 1917, en 1937, en 1952 au Musée des Arts Décoratifs ou à Bruxelles en 1927-1928. Lévy-Dhurmer meurt à Paris en 1953.

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